• Le numérique va-t-il révolutionner l’éducation ?
    No 120 (2020)

    Quelle place donner au numérique et à l’informatique en éducation ? Le débat est vif entre ceux qui affirment qu’il s’agit d’une priorité incontournable pour répondre aux défis éducatifs d’aujourd’hui et aux besoins de notre économie, et ceux qui pensent qu’il s’agit d’une menace pour le développement intellectuel et la santé de nos enfants. L’objectif de ce texte est de faire une synthèse des études concernant les effets du numérique sur les élèves. Plus précisément, sept idées courantes autour du numérique en éducation sont discutées : l’interactivité et le caractère multimédia du numérique boostent l’apprentissage ; le numérique favorise l’autonomie des apprenants ; le numérique est plus motivant ; jeux vidéo et programmation permettent de développer des compétences transversales ; les savoirs sont disponibles en ligne, donc plus besoin de les enseigner et de les apprendre ; les apprenants d’aujourd’hui sont fondamentalement différents de ceux qui les ont précédés ; le numérique permet de faire baisser les coûts de l’éducation. Les résultats indiquent que ces idées sont largement erronées. Au regard des apprentissages, le numérique n’apparaît ni meilleur ni pire qu’un autre outil ou support, mais présente des coûts cachés souvent peu évoqués.

  • Quelles sont les écoles qui combinent excellence et mobilité sociale? Une analyse empirique internationale
    No 119 (2020)

    Dans cet article nous introduisons le concept de l’« école de la chance ». Il s’agit d’une école qui réussit le double test d’efficacité et de mobilité sociale. A partir des données PISA rassemblées au niveau des écoles dans 34 pays, le test d’efficacité d’une école consiste à faire réussir ses élèves (au test PISA) au-delà des performances attendues au niveau national compte tenu des origines socio-économiques de ses élèves. La performance attendue au niveau national est déterminée par le rang scolaire attendu d’un élève en fonction de son rang social. Cette performance attendue conditionnelle au rang social de l’élève varie d’un pays à l’autre. Le test de la mobilité d’une école compare la mobilité sociale de ses élèves à la mobilité sociale des élèves dans les autres écoles. La mobilité sociale d’un élève est définie comme le rapport entre son rang scolaire et son rang social. Dans chaque pays des écoles sont ainsi identifiées comme « école de la chance » sur base de la réussite de ce double test. Nous cherchons ensuite à déterminer sur base d’une analyse empirique les traits communs de ces écoles de la chance. Parmi ceux-ci, on retrouve la composition sociale, la mixité sociale, la politique de sélection des élèves, l’attitude des enseignants et l’approche pédagogique. En particulier, les écoles de la chance semblent recourir plus souvent à une pédagogie différenciée et sont caractérisées par une mixité sociale élevée.

  • Lorsque la psychologie cognitive s’intéresse au décret Missions : constats et recommandations
    No 118 (2020)

    La Communauté française de Belgique a posé, lors du vote du décret « Missions », des choix pédagogiques en faveur de l’approche par compétence, de la pédagogie de la découverte et de la différenciation. Ceux-ci visaient à répondre à des problématiques bien réelles, par exemple celles des savoirs morts ou encore des inégalités. De récentes synthèses en psychologie cognitive viennent cependant questionner ces approches pédagogiques. L’objectif de cet article est de proposer une revue de la littérature qui a examiné les effets de différentes approches sur l’apprentissage de compétences ainsi que sur les performances des élèves originaires de milieux défavorisés. Notre constat est que (1) rien ne prouve la plus-value des approches promues par le décret « Missions » ; (2) leur application naïve risque d’abaisser le niveau général des élèves et (3) d’augmenter les écarts de performance entre les élèves issus de milieux favorisés et défavorisés. Dans la discussion, nous analysons, au regard des recherches mentionnées, les résultats de la dernière étude PIRLS et nous examinons certaines propositions présentes dans l’avis central n° 3 du Pacte pour un enseignement d’excellence.

  • Insertion professionnelle des docteur.es récemment proclamé.es Enquête auprès de quatre universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles
    No 117 (2019)

    Face à la croissance du nombre de doctorant.e.s et de titulaires d’un titre de docteur en Fédération Wallonie-Bruxelles, les auteurs de cet article ont voulu saisir leur insertion professionnelle au cours des mois qui suivent la soutenance de la thèse. Pour ce faire, une enquête a été menée en 2017 et 2018 auprès de 268 docteur·es récemment diplomé·es à l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Mons, l’Université Saint-Louis et l’Université catholique de Louvain. Outre le suivi mois par mois de leur insertion sur le marché de l’emploi (statut d’emploi, secteur d’activité…), tenant compte entre autre des champs disciplinaires et du sexe, les auteurs mettent en évidence une relation entre les parcours pré-doctoraux et post-doctoraux. En effet, ils observent que les docteur·es qui ont connu au préalable des situations d’emploi dans d’autres milieux professionnels que l’université, ont une tendance à avoir une insertion dans l’emploi hors université facilitée. La réalisation d’une thèse de doctorat sur fonds propres favorise une trajectoire professionnellement plus précaire après la thèse. Pour celles et ceux qui n’ont connu que la recherche scientifique, soit elles/ils poursuivent une carrière à l’université, soit elles/ils se retrouvent aussi dans des trajectoires marquées par la précarité professionnelle, un peu comme s’il leur était difficile d’envisager un autre horizon professionnel. Avoir un objectif clair en fin de thèse de poursuivre ou non au sein de la carrière académique paraît être un déterminant des trajectoires post-doctorales également. Ces résultats ne sont pas sans interpeller les politiques d’accompagnement et d’éventuels programmes de mentorat que mettent en place les universités.

  • L’étudiant sur les sentiers de l’enseignement supérieur. Vers une modélisation du processus de transition académique
    No 116 (2019)

    Basé sur le manque de compréhension fine du processus de transition académique, cet article propose une modélisation théorique de ce phénomène. Ancrée dans la littérature scientifique sur l’ajustement de l’étudiant en première année de l’enseignement supérieur et sur la base du modèle des cycles de transition de Nicholson, une modélisation dynamique en quatre temps est proposée. Ce modèle apporte une compréhension descriptive et dynamique du processus d’ajustement de l’étudiant qui permet d’identifier les principaux défis liés à cette transition et les leviers d’actions pouvant être activés pour accompagner l’étudiant. Cet article permet également au lecteur d’obtenir une vision synthétique de la problématique de la transition académique.

  • Le redoublement n’est pas un médicament. Réponses et pistes pour une approche modérée et réflexive de son usage
    No 115 (2019)

    Ce Cahier est une réponse au texte publié par Galand et al. dans les Cahiers des Sciences de l’éducation et intitulé « Le redoublement est inefficace, socialement injuste et favorise le décrochage scolaire », qui se proposait de revenir et de « compléter » une de mes analyses parue dans le n°113 des Cahiers de recherche du GIRSEF. Je reviens d’abord sur l’objectif poursuivi dans ce Cahier initial avant de répondre à mes collègues en examinant leurs arguments. La critique que je développe est double, elle porte d’une part sur les preuves qu’ils avancent dans leur texte pour tenter de minimiser mes conclusions et réaffirmer leur dénonciation du redoublement et d’autre part elle contient, plus fondamentalement, une critique de la démarche par les preuves (evidence-based policy) en tant que telle pour orienter la politique d’éducation. Au-delà de cette réponse, ce Cahier est donc aussi l’occasion de prolonger mon analyse initiale et d’alimenter la discussion sur les recherches en éducation et ses liens avec l’action publique. Je conclus mon propos par quelques réflexions sur les recherches complémentaires à mener à propos du redoublement et sur l’attitude qu’il conviendrait, selon moi, d’adopter à l’égard de cette pratique. Au-delà de la nécessité de développer la recherche d’alternatives efficaces au redoublement, qui devraient toujours être envisagées avant d’y recourir, je suggère de penser les conditions de possibilités d’un usage plus réflexif du redoublement.

  • L’université aux risques de l’économie de la connaissance, ou quelles finalités pour l’université aujourd’hui ?
    No 114 (2019)

    Le texte proposé dans ce numéro des Cahiers du Girsef est rédigé par Michel Molitor, sociologue et professeur émérite de l’Université catholique de Louvain (UCLouvain). Ce texte est une version retravaillée d’une leçon publique qu’il a donnée au Collège de Belgique le 8 novembre 2017. Intitulée L’université à travers les réformes et les transformations du monde de l’éducation et de la recherche ces dernières années, cette leçon, inscrite dans une perspective historique, proposait une réflexion sur les profondes transformations qu’a connues l’université et interrogeait ses finalités actuelles.

    Si les Cahiers du Girsef publient traditionnellement les travaux des membres du Girsef, le plus souvent sous la forme d’un work in progress, le texte proposé ici se rapproche davantage d’un essai. L’auteur retrace de façon documentée l’évolution qu’a connu le système universitaire belge francophone en l’inscrivant dans une perspective globale et historique. Michel Molitor livre également son point de vue à partir des transformations de l’université qu’il a vécues tout au long d’une carrière. Il nous invite dès lors à réfléchir sur ces finalités et à les expliciter.

    Il nous a semblé important de publier cette réflexion car elle soulève un ensemble d’interrogations qui sont au cœur des recherches menées par les membres du Girsef sur les systèmes éducatifs : le rôle attribué à l’éducation, sa globalisation, les réponses que l’éducation apporte aux injonctions toujours plus nombreuses qui lui sont adressées, les transformations organisationnelles des établissements, l’accueil qu’elle réserve aux apprenants, etc.

    Pour que le lecteur puisse situer le propos de l’auteur, ce texte introductif présentera tout d’abord le parcours institutionnel de Michel Molitor. Les sections suivantes s’attarderont des éléments contextuels de l’enseignement supérieur belge francophone et du processus de Bologne.

  • Le redoublement est-il vraiment moins efficace que la promotion automatique ? Une évidence à réinterroger
    No 113 (2018)

    Dans le monde de la recherche en éducation, l’idée que le redoublement est une pratique globalement négative s’est largement imposée suite à un certain nombre de synthèses, déjà anciennes, de la littérature de recherche américaine sur la question. Le ré-examen de cette littérature montre que ses conclusions qui aboutissent à la dénonciation pédagogique du redoublement sont fondées sur des études méthodologiquement fragiles et des méta-analyses qui tendent à occulter les débats au sein de la communauté scientifique sur les effets du redoublement. Par ailleurs, les résultats des recherches plus récentes qui utilisent des méthodologies beaucoup plus sophistiquées montrent que les études antérieures ont sous-estimé les effets positifs du redoublement. Si les résultats des recherches scientifiques actuelles sont nettement plus favorables au redoublement, il reste néanmoins impossible dans l’état actuel des connaissances de départager de manière incontestable le redoublement et le passage automatique de classe. L’article plaide donc pour que les chercheurs fassent preuve de davantage de prudence dans leurs recommandations et pour poursuivre l’effort de recherche afin de préciser les conditions et les contextes dans lesquels un redoublement s’avère plus profitable pour l’enfant qu’une promotion et ceux dans lesquels c’est l’inverse qui est préférable. En attendant, le choix consistant à privilégier redoublement ou passage automatique de classe devrait par conséquent fonder sa légitimité sur des bases politiques plutôt que scientifiques.

  • Predicting achievement among Belgian university adult students: an integrative approach
    No 112 (2018)

    Using an integrative approach to predict adult students’ achievement in university programs, 37 predictors were identified within the literature on academic success among traditional and adult students. These predictors were classified into four categories and tested using a questionnaire survey on a sample of 824 participants. Measured outcomes consisted in two dichotomized variables: objective (success or failure) and subjective (perceived impact) achievement. Logistic regression analyses showed that only emotional engagement predicted both types of achievement. Enrolment in a master degree (rather than a bachelor), staggering procedures, previous experience in continuing education, past academic success, self-efficacy beliefs and extracurricular activities positively influenced objective achievement. On the other hand, high self-regulated learning, positive perceptions of teachers care for contextualised learning, high utility value, good academic integration, low perceived cost value and low perceived self-esteem obstacles were the most powerful predictors of subjective achievement. These results highlight the importance of considering personal, psychological and environmental predictors in modelling adult university achievement.

  • Living together in an uncertain world. What role for the school?
    No 111 (2017)

    In the pages that follow, we examine the place of norms and values in late modernity. We particularly underscore the paradox that, in many areas, we have at the same time fewer and fewer certainties and more and more knowledge; we then consider the role of the school in this context and put forward some proposals for a research programme.

  • "Faire société" dans un monde incertain. Quel rôle pour l'école?
    No 110 (2017)

    Dans les pages qui suivent, nous nous intéressons à la place des normes et des valeurs dans la modernité tardive ; nous soulignons en particulier le paradoxe qui veut que nous disposions à la fois de moins en moins de certitudes et de plus en plus de connaissances dans une diversité de domaines ; nous nous interrogeons alors sur le rôle de l’école dans ce contexte et nous formulons des propositions pour un programme de recherche.

  • Assessing Content and Language Integrated Learning (CLIL) in French-speaking Belgium: linguistic, cognitive, and educational perspectives
    No 109 (2017)

    In times of globalization, policies increasingly promote multilingualism as a strong social and economic asset. One way to foster multilingualism in education is Content and Language Integrated Learning (CLIL), a didactic method in which school subjects are taught in a different target language than the mainstream school language. In the French-speaking Community of Belgium, schools have been allowed to provide CLIL education in Dutch, English or German since 1998. To this day, however, we only have an incomplete and fragmented view on how CLIL differs from non-CLIL education and on how it impacts second/foreign language acquisition. The aim of this contribution is threefold: (a) to discuss the particularities of CLIL education in French-speaking Belgium, (b) to give an overview of the research conducted on CLIL education in French-speaking Belgium, and (c) to briefly present the goals of a large-scale longitudinal and interdisciplinary study currently being conducted at Université catholique de Louvain and Université de Namur. This interdisciplinary study aims to make a strong empirical and theoretical contribution to both the public debate and the ongoing international scientific discussions on multilingualism in general and CLIL in particular.

  • Que font les écoles accueillant des élèves défavorisés des moyens supplémentaires qui leur sont alloués?
    No 108 (2017)

    Faire en sorte que la réussite scolaire dépende le moins possible de l’origine socioéconomique des élèves, et donc éviter que l’école ne reproduise ou ne renforce les inégalités sociales, est une préoccupation importante de la plupart des systèmes scolaires modernes. Dans cette étude, nous interrogerons la mise en œuvre du décret encadrement différencié en Belgique francophone. Plus particulièrement, nous essayerons de comprendre l’usage que font, sur une période de quatre ans, cinq établissements secondaires des moyens supplémentaires qui leur sont alloués sur la base du public qu’ils accueillent. Nous tentons d’appréhender – à partir d’enquêtes par questionnaire – l’évolution du climat scolaire perçu par leurs élèves, ainsi que la motivation à apprendre de ces derniers. À partir d’observations qualitatives réalisées dans chacun des établissements, nous tenterons également d’identifier les conditions les plus favorables au changement des pratiques pédagogiques qui, au final, pourraient avoir un impact positif sur la scolarité et la réussite des élèves. Ces monographies d’établissement sont l’occasion d’analyser dans quelle mesure et à quelles conditions des politiques d’éducation prioritaire allouant davantage de moyens à certaines écoles, en leur laissant l’autonomie de décision et de planification de l’usage de ces moyens, affectent l’expérience et la réussite scolaire des élèves. Les évolutions constatées auprès des élèves sont très modestes et les résultats soulignent la grande difficulté à (re)mettre le pédagogique, et donc les apprentissages des élèves, au cœur de la dynamique collective d’établissement. Ces observations interrogent certains postulats et certaines modalités de la politique d’encadrement différencié elle-même.

  • Peut-on réconcilier proximité et mixité sociale? Simulation d'une procédure numérique d'affectation des élèves aux écoles primaires bruxelloises
    No 107 (2017)

    Il est largement admis que le libre marché scolaire joue un rôle prépondérant dans les mécanismes de ségrégation scolaire et qu’il est, de ce fait, l’un des facteurs explicatifs des inégalités sociales qui caractérisent l’enseignement belge. Certains songent dès lors à remettre en cause le principe de libre choix d’école en envisageant des procédures centralisées d’affectation des élèves aux écoles. Mais de tels dispositifs n’ont de sens et n’ont de chance de succès que s’ils garantissent au minimum une composition sociale plus ou moins similaire pour tous les établissements scolaires. Une telle garantie pourrait en effet réduire la propension des familles à chercher une école de l’entre soi. C’est dans cet esprit qu’une association belge, l’Appel pour une école démocratique, recommande que les pouvoirs publics proposent (sans obligation) aux parents une place dans une école qui serait à la fois proche de leur domicile et socialement mixte. La faisabilité d’un tel projet dépend de nombreux paramètres. L’un d’eux tient à la possibilité de combiner les critères de proximité et de mixité. C’est cette possibilité qui est évaluée dans ce Cahier. Nous y présentons la mise au point d’un logiciel et son test sur des données relatives à l’enseignement primaire ordinaire de la région bruxelloise. Les résultats sont encourageants. Il apparaît en effet qu’avec certains réglages du logiciel, il est possible, pour les Bruxellois scolarisés en primaire, de ramener la distance moyenne domicile-école à 910 m, contre 1,3 km actuellement, tout en abaissant significativement les indices de ségrégation sociale et en éliminant pratiquement les « écoles ghettos ». Ces résultats démontrent qu’il est techniquement possible de concilier proximité et mixité sociale dans un environnement urbain pourtant fortement ségrégué, comme c’est le cas de Bruxelles.

  • Équité et efficacité des systèmes scolaires: une comparaison internationale basée sur la mobilité sociale à l'école
    No 106 (2016)

    Les travaux visant à comparer l’équité des systèmes scolaires entre pays reposent principalement sur le gradient social entre l’indice de l’origine socio-économique des élèves et leurs résultats au test. Ces travaux ont débouché sur des débats pour savoir s’il faut cibler les politiques et efforts pédagogiques sur les élèves faibles ou sur les élèves socialement défavorisés (via la mixité sociale ou un financement différencié). Dans les tests PISA, l’indice socio-économique (ESCS) est basé sur le diplôme et la profession des parents, mais aussi les ressources éducatives et culturelles de la famille. Le gradient social mesure l’impact de l’origine social des élèves sur leurs résultats aux tests. C’est un impact moyen qui ignore la distribution des résultats autour de cette moyenne. L’approche de l’égalité des chances est différente puisqu’elle s’intéresse au lien entre la distribution des résultats scolaires et l’origine sociale des élèves. On peut avoir deux systèmes scolaires avec le même gradient social en moyenne mais des distributions autour de la moyenne très différentes en raison notamment de la proportion d’élèves résilients. Dans cet article nous proposons une comparaison internationale des systèmes scolaires des pays de l’OCDE en termes de mobilité sociale à l’école sur base des résultats des tests PISA entre 2003 et 2012 en mathématiques. Nous calculons pour chaque pays, la mobilité individuelle des élèves sur base de leur rang social comparé à leur rang au test PISA en mathématiques dans leur pays. Nous agrégeons ces mobilités individuelles à l’aide d’un indicateur de mobilité inter-décile qui privilégie la mobilité ascendante, et en particulier celle des élèves en bas de la distribution socio-économique. Cet indice de mobilité inter-décile indique la possibilité pour les élèves d’origine sociale très faible, de déjouer les pronostics (basés sur la ligne du gradient social) et d’échapper ainsi à l’emprise du milieu social. Nous comparons ensuite les pays sur base de leur mobilité sociale interdécile. Nous obtenons une corrélation positive de 40 pour cent entre mobilité sociale à l’école et résultat moyen d’un pays au test PISA entre 2003 et 2012. A l’inverse, nous trouvons une corrélation négative (de – 58 pour cent) entre mobilité sociale à l’école et inégalités scolaires (entre élèves ou entre écoles). Nous baptisons cette relation la courbe de Gatsby de l’école en référence à la courbe de Gatsby des revenus. Nous comparons notre contribution aux travaux en sociologie de l’enseignement.

  • Vers un recouplage politique/pratique? Études de cas dans l'enseignement secondaire belge francophone
    No 105 (2016)

    Ce Cahier s’intéresse aux effets locaux induits par le recours à de nouveaux instruments de régulation des systèmes éducatifs tels que les évaluations externes standardisées. Dans une perspective néo-institutionnaliste, l’analyse porte en particulier sur les possibilités de « recouplage » entre les politiques et les pratiques scolaires que permettent peut-être de tels instruments. Cette analyse repose sur trois études de cas extensives menées en Belgique francophone au sein d’établissements contrastés au regard de leur projet et de leur position dans le quasi-marché scolaire. Les résultats font apparaître une diversité de réactions vis-à-vis des instruments d’évaluation externe et une appropriation au final très relative de ces instruments, qui semble souvent davantage cérémonielle qu’effective.

  • Organizational Identity of Universities: A Review of the Literature from 1972 to 2014
    No 104 (2015)

    Organizational identity provides an increasingly large number of researchers with a theoretical lens for examining current transformations of the university. The primary objective of this article is to propose an extensive, systematic overview of the literature published on the subject between 1972 and 2014. The analysis of 120 empirical studies reveals a literature which is rich but dispersed, in theoretical, epistemological and methodological terms alike; thriving since the 2000s, it is mainly US but increasingly globalised. After identifying six main research categories according to the classical distinctions found in the organizational identity literature, we propose a series of avenues for discussion bearing on the status of identity as an indicator of changes at work in the university, their level and depth, the linkage between the concepts of market and institutional field and finally, the epistemological implications of the international nature of this literature.

  • Test de l'efficacité de deux dispositifs d'aide à la réussite en première année à l'université: remédiations précoces et blocus dirigés
    No 103 (2015)

    La massification de l’accès à l’université et le taux d’échec important en première année ont poussé les institutions universitaires belges à proposer de nombreux dispositifs d’aide à la réussite. Leur inventaire chronologique est d’abord présenté, avec une attention particulière au projet « Passeports pour le Bac » (test de prérequis à l’entrée suivi par des remédiations) et au blocus dirigé de décembre. L’effet de ces deux dispositifs sur les résultats obtenus par les étudiants aux examens de janvier constitue le cœur de l’article. Les analyses sont effectuées par pairage entre plus de 150 étudiants ayant participé à au moins un de ces dispositifs et d’autres étudiants n’y ayant pas pris part mais présentant un profil similaire. Les résultats de cette étude montrent l’effet prédictif des résultats aux Passeports et l’impact positif des remédiations sur les notes obtenues aux examens, surtout dans le cadre de prérequis disciplinaires (vs transversaux). La participation au blocus dirigé, quant à elle, permet aux étudiants les plus faibles d’améliorer leurs résultats.

  • Autonomie des universitaires, autonomie des universités
    No 102 (2015)

    Le concept d’autonomie occupe une place centrale dans les travaux sur l’enseignement supérieur, qu’ils se situent en sociologie des professions ou en théorie des organisations. Dimension considérée comme caractéristique de la condition académique par les académiques eux-mêmes, présentée comme facteur explicatif principal de la forme organisationnelle des universités, elle est souvent également mise en avant dans les questions de recherche des travaux sur l’enseignement supérieur : En quoi est-elle caractéristique d’une certaine forme organisationnelle ? Constitue-t-elle le facteur explicatif des supposées difficultés à faire changer les universités? Comment est-elle visée plus ou moins directement par les réformes ? Est-elle réellement menacée? Dans ce contexte, il nous a paru intéressant de revenir sur cette notion, tout d’abord en précisant quelles conditions d’activités concrètes elle a désigné au cours de l’histoire, puis en discutant son caractère quelque peu réifié et générique dans les recherches sur la transformation des universités, pour finalement proposer des éléments de relativisation de la notion d’autonomie, notamment d’un point de vue épistémique.

    Le premier objectif de ce travail est donc de rappeler que l’« autonomie » qui s’est en effet quelque peu émancipée de ses conditions concrètes d’existence pour acquérir une dimension générique décrivant la condition académique, revêt des réalités concrètes différentes selon les pays et les époques. Le second objectif est de réfléchir à la place de l’autonomie dans les recherches sur l’enseignement supérieur et de montrer à quel point cette dimension a été centrale dans les études organisationnelles sur les universités, ainsi que de réfléchir à la manière dont elle oriente la construction des questions de recherche sur le sujet. Ces deux axes invitent à reconsidérer la place de l’autonomie à la fois dans la réalité de la condition universitaire et dans les recherches organisationnelles sur l’enseignement supérieur. Il s’agit donc d’élargir la focale sur les universités comme objet d’étude, de les resituer dans un paysage institutionnel et social plus large, afin de repenser et peut-être renouveler les questions de recherche permettant de les étudier.

  • Les écoles primaires anglaises face aux classements de performance, entre évitement et tentation
    No 101 (2015)

    Cet article repère dans la littérature scientifique trois réponses typiques dont disposent les personnels des établissements scolaires pour faire face aux classements de performance : des réponses cognitives, identitaires et organisationnelles. Il présente ensuite une enquête comparant les réactions de deux écoles primaires anglaises face aux classements de performance. L’analyse empirique montre qu’en pratique les acteurs scolaires combinent ces diverses réponses, et que l’effet des classements sur les organisations dépend moins d’une position objective dans le classement que du sens que les acteurs scolaires lui attribuent localement et de leur capacité à se le réapproprier pour valoriser leur identité. Les résultats présentés font ensuite l’objet d’une discussion qui porte sur les enjeux de visibilité, d’authenticité et d’opacité au cœur des marchés « informés ». La maîtrise des impressions organisationnelles ne se traduit pas nécessairement par la fabrication d’images inauthentiques de la part des établissements mais plutôt par une nécessité et une volonté de clarifier leur projet scolaire dans un environnement saturé d’informations diverses. La question de la pertinence des classements et de la nature de la transparence permise par les évaluations externes est également soulevée. Un établissement bien classé n’étant pas nécessairement un bon établissement du point de vue des parents, on s’interroge sur les implications des classements sur la production des inégalités scolaires.

  • La ségrégation scolaire, reflet déformé de la ségrégation urbaine
    No 100 (2014)

    Cette étude porte sur les enfants qui résident ou sont scolarisés en région bruxelloise et qui fréquentent une école maternelle ou primaire dépendante des Communautés francophone ou flamande. Elle traite donc de deux systèmes éducatifs qui sont rarement analysés conjointement. A partir de données statistiques livrées par les deux Communautés pour les années 2008 à 2011, elle vise à comprendre la répartition des enfants entre des quartiers socialement différenciés et entre des écoles elles aussi diversifiées en termes de composition sociale. Nous nous demandons d’abord si la ségrégation observable au plan résidentiel est plus ou moins marquée que la ségrégation au plan scolaire. Nous nous demandons ensuite dans quelle mesure la première ségrégation résidentielle explique la seconde. Pour répondre à ces deux questions, nous nous attachons dans un premier temps à décrire la répartition résidentielle des enfants. Nous mettons en évidence la double logique (socio-économique et communautaire) structurant cette répartition spatiale. Dans un second temps, nous montrons que la ségrégation scolaire est plus accentuée que la ségrégation résidentielle mais aussi qu’il y a de plus gros effectifs d’enfants dans les écoles favorisées que dans les quartiers favorisés. Nous expliquons une partie de ces décalages par les flux scolaires entre la région et sa périphérie. Mais nous soulignons que la cause principale de ce différentiel de ségrégation est à chercher du côté des mobilités spatiales et sociales des « internes », c’est-à-dire des enfants domiciliés et scolarisés à Bruxelles. Le libre choix permet en effet aux plus favorisés d’un quartier d’accéder à des écoles socialement plus favorisées que celles dans lesquelles s’inscrivent leurs voisins moins dotés en capitaux. Ces constats, qui s’écartent des analyses attribuant à la ségrégation résidentielle l’essentiel de la ségrégation scolaire, ouvrent des questions à propos des régulations à mettre en place pour favoriser davantage de mixité. Mais ils questionnent aussi ce qui fonde les comportements vecteurs de ségrégation dans le chef des écoles et des familles, et plus fondamentalement les raisons qu’il y a à souhaiter davantage de mixité scolaire.

  • Le choix de l'école en Belgique francophone: de l'individualisation à la bureaucratisation?
    No 99 (2014)

    Ce cahier se propose d’esquisser les contours d’une sociologie du choix de l’école en Belgique francophone, à partir d’une réflexion sur les résistances et les difficultés de mise en oeuvre rencontrées par la réforme des inscriptions en première année de l’enseignement secondaire. Il développe notamment l’idée que cette réforme rend plus compliquée l’individualisation du choix de l’école qui prévalait jusqu’ici et qui était particulièrement valorisée par les parents des milieux privilégiés. A partir d’une enquête exploratoire menée dans un établissement très demandé, il montre comment familles et direction s’ajustent à ce nouveau contexte et conclut sur les risques potentiels d’inégalités de choix scolaire induits par ces évolutions.

  • De la persévérance à la réussite universitaire: réflexion critique et définition de ces concepts en contexte belge francophone
    No 98 (2014)

    Les problématiques de la persévérance et de la réussite à l’université ont fait couler beaucoup d’encre parmi les chercheurs en psychologie et en sciences de l’éducation. Cependant, malgré une vaste littérature sur le sujet, force est de constater que ces deux concepts ne sont pas toujours clairement définis. De plus, les conceptualisations et opérationnalisations existantes manquent de consensus. Le but de cet article théorique est donc de pointer les limites actuelles de la littérature concernant la conceptualisation et l’opérationnalisation de ces deux concepts et d’en exposer les conséquences. Ensuite, nous développerons une conceptualisation et une opérationnalisation rigoureuse de ces deux concepts dans le contexte belge francophone. Nous discuterons également du lien existant entre persévérance et réussite, de l’intérêt de leur promotion dans le système éducationnel belge et des implications de notre réflexion sur les prochaines recherches dans le domaine.

  • La modélisation du processus de choix d'études supérieures: apports et limites
    No 97 (2014)

    Ce cahier de recherche, après une brève discussion du concept de choix d’études, poursuit comme objectif principal de passer en revue une série de modèles de choix d’études supérieures issus de différentes disciplines telles que l’économie et la sociologie, principalement en provenance de la littérature anglo-saxonne. Nous centrerons notre attention sur les modèles combinés, qui décrivent le processus de choix d’études en étapes ou phases et qui intègrent diverses perspectives théoriques et méthodologiques, tout en permettant d’analyser les processus décisionnels en partant d’une double porte d’entrée : les individus et les établissements scolaires. Nous mettons en avant les apports de la modélisation du choix d’études mais aussi leurs limites, et l’importance de creuser des analyses qualitatives plus fines dans ce domaine de recherche largement dominé par les études quantitatives.

  • D'un arbitraire à l'autre. Réflexion sur la pertinence du concept de "violence symbolique" en sociologie de l'éducation
    No 96 (2014)

    Cet article interroge la valeur heuristique et la pertinence du concept de « violence symbolique » en sociologie de l’éducation. Dans une première section, les auteurs discutent le concept en le restituant dans la théorie bourdieusienne de la domination symbolique. Ils examinent ensuite deux modalités par lesquelles l’institution scolaire produit de la violence symbolique. En premier lieu, la conviction que les résultats scolaires dépendent de l’intelligence et du mérite individuel a pour conséquence que l’inégalité des chances reste relativement épargnée par les critiques des élèves. En second lieu, et de manière plus décisive encore, la naturalisation du processus de conversion des performances scolaires en privilèges sociaux tend à soustraire la question de l’inégalité (des places) du débat démocratique.

  • Décrire et prédire le turnover des enseignants dans les établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles
    No 95 (2014)

    Cet article vise à décrire et à comprendre le turnover des enseignants dans les établissements d’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à partir de l’analyse de bases de données administratives. Les analyses montrent 1) que les taux de turnover enseignant calculés à l’échelle de l’établissement sont sensiblement supérieurs aux taux de turnover rapportés dans la littérature pour d’autres systèmes scolaires, 2) d’importantes disparités entre établissements, et 3) que ces disparités entre établissements sont liées i) au type d’élèves accueilli dans l’établissement et aux évolutions de population élèves d’une année scolaire à l’autre, ii) au type de personnel enseignant engagé dans l’établissement (au pourcentage d’enseignants nommés, titulaires d’un diplôme pédagogique ou novices dans la profession), iii) au réseau d’appartenance des établissements, et enfin, iiii) aux interactions entre la composition socioéconomique des établissements et leur réseau d’appartenance. Les analyses suggèrent ainsi que pour comprendre le turnover enseignant, il est réducteur de limiter l’analyse aux caractéristiques propres des établissements (que celles-ci soient de type organisationnel ou liées à leur positionnement sur le quasi-marché local), et qu’il importe de saisir la nature particulière des marchés du travail dans lesquels se dessinent les trajectoires de mobilité des enseignants.

  • Pratiques et représentations juvéniles de l'écriture à l'ère d'internet
    No 94 (2013)

    Ce cahier présente les principaux résultats d’une recherche sur les pratiques et les représentations de l’écriture menée auprès d’adolescents de 15 ou 16 ans scolarisés dans un établissement d’enseignement secondaire général en Belgique francophone. L’écrit, qui est au cœur des technologies de la communication, occupe une place centrale dans la vie quotidienne de ces jeunes. Si les formes d’écriture instrumentales et tournées vers autrui dominent, des formes d’écriture plus expressive et intimiste sont également très répandues, en particulier chez les filles. L’enquête analyse également le rapport des jeunes au français standard. Assez classiquement, on constate que ce rapport varie selon le contexte d’usage. En revanche, le conformisme dont font preuve les jeunes interrogés vis-à-vis de la norme orthographique interpelle. En ce domaine, les variations de langage sont peu acceptées. Ce résultat, qui est apparu comme majeur et surprenant, dans la mesure où ces jeunes entretiennent un rapport plutôt relâché et approximatif à la norme orthographique, conduit les auteurs à souligner fortement la dimension morale de l’écriture.

  • Aspirations et sentiment de compétence à suivre des études supérieures
    No 93 (2013)

    Dans ce cahier, on étudie la façon dont les aspirations et le sentiment de compétence à suivre des études supérieures, en particulier universitaires, varient parmi les élèves belges francophones de sixième secondaire, en fonction de l’auto-évaluation de leurs performances scolaires et du degré de sélectivité de leur établissement. A partir d’analyses quantitatives, on montre notamment que les différences d’aspiration entre élèves augmentent avec la sélectivité des établissements. En revanche, les différences relatives au sentiment de compétence à suivre des études supérieures ne suivent pas la même tendance, elles sont maximales dans les établissements moyennement sélectifs. Des entretiens qualitatifs menés dans deux établissements contrastés permettent d’approfondir ces résultats et de constater la difficulté que ces élèves éprouvent à évaluer leurs compétences à suivre des études supérieures : les élèves des écoles « faibles » ayant tendance à se surestimer et les élèves des écoles «fortes» ayant tendance à se sous-estimer. Ce qui n’empêche pas les uns et les autres, pour des raisons différentes, de s’estimer capables de réussir de telles études. Ce décalage entre aspirations et sentiment de compétence est mis en relation avec les règles institutionnelles d’accès à l’enseignement supérieur qui prévalent actuellement en Belgique francophone et qui rendent difficile pour un élève d’évaluer son niveau scolaire autrement que par rapport à une norme locale, celle de la classe et de l’établissement scolaire fréquenté.

  • Les enseignants débutants en Belgique francophone: trajectoires, conditions d'emploi et positions sur le marché du travail
    No 92 (2013)

    En Belgique francophone, la question des enseignants débutants est à l’agenda depuis de nombreuses années mais la connaissance statistique de leurs trajectoires date et demeure sommaire. Ce Cahier contribue à enrichir ces connaissances. Il se fonde sur des données de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la sécurité sociale. Il s’intéresse tout autant aux trajectoires durant les premières années qu’aux probabilités de sortie précoce de la profession. Au-delà de la description de ces phénomènes, l’étude propose une analyse fouillée des facteurs qui les expliquent. Il en ressort notamment que les trajectoires des enseignants débutants sont très variées et qu’elles se modulent notamment en fonction des éléments contextuels (niveaux et types d’enseignement, zones géographiques ou réseaux), des profils individuels (type de diplôme, âge et genre) ainsi que des modes d’entrée dans la profession. L’analyse des données conduit les auteurs à proposer un déplacement de la manière dont est actuellement problématisée la question des débuts de carrière. A leurs yeux, s‘il ne faut pas négliger le problème de l’accompagnement et du soutien en début de carrière, il importe de traiter aussi le problème de la (trop) grande différence de position sur le marché du travail entre les enseignants débutants et les enseignants « établis ».

  • L’absentéisme en formation pour adulte est-il influencé par le dispositif de cours ?
    No 91 (2013)

    Les recherches sur l’absentéisme des étudiants dans l’enseignement supérieur non obligatoire se basent essentiellement sur des interviews ou des questionnaires à postériori. Nous avons cherché à objectiver la perception qu’avaient des enseignants du Master en Sciences de l’Éducation de l’Université catholique de Louvain (Belgique) d’une augmentation sensible de l’absentéisme ces dernières années. Le phénomène est d’autant plus questionnant que notre type d’enseignement s’adresse à des adultes en situation professionnelle, supposés motivés.

    Pour cette recherche, nous avons développé un cadre d’analyse original emprunté des analyses organisationnelles de l’absentéisme au travail et nous avons mis en œuvre un relevé des présences par auto-déclaration pendant le cours, garantissant l’anonymat.

    Pour les deux années de Master, en 2010-2011, nous obtenons un taux effectif global de 22 % d’absents, tandis que les taux effectifs d’absentéisme par cours varient de 5 % à 32 %. Cette recherche confirme également l’influence de certaines variables organisationnelles externes sur le taux d’absentéisme comme la taille des groupes, l’année d’étude ou le type de cours. Les variables organisationnelles internes aux cours comme les méthodes pédagogiques ou le mode d’évaluation ne semblent pas, dans cette étude, déterminants.

  • Continuité et avancées dans la recherche sur la formation des enseignants
    No 90 (2012)

    Ce cahier vise à faire le point quant aux avancées de la recherche sur la formation des enseignants depuis une quinzaine d’années. Un état de la question avait été effectué par douze experts francophones en 1996 dans la première édition de l’ouvrage « Former des enseignants professionnels. Quelles stratégies ? Quelles compétences ? » sous la direction de L. Paquay, M. Altet, E. Charlier et P. Perrenoud. Le présent cahier constitue l’avant-propos de la 4e édition revue et augmentée de cet ouvrage. Il met en lumière des acquis et des questionnements nouveaux quant au concept même de professionnalisation, aux référentiels de compétences, aux processus de construction des compétences, à la pratique réflexive, à la définition des savoirs de référence et aux stratégies et dispositifs professionnalisants... ces multiples aspects étant systémiquement articulés. Cette vue panoramique fait percevoir la continuité des problématiques depuis 15 ans mais également quelques évolutions majeures, tout particulièrement quant à la nécessité d’une approche programme et de la mise en place de dispositifs d’analyse de l’activité enseignante pour former des enseignants professionnels.

  • Regard sociologique sur l’articulation de la vie professionnelle avec la vie familiale
    No 89 (2012)

    Ce Cahier contient une réflexion sur les raisons qui poussent aujourd’hui le sociologue à considérer l’articulation de la vie professionnelle avec la vie familiale (APF) comme un objet d’étude digne d’intérêt. Synthétisant les résultats des recherches qu’il a menées depuis une dizaine d’années sur le sujet, l’auteur propose une problématisation de cette articulation, qu’il situe au cœur des transformations sociales contemporaines. Il s’intéresse ensuite aux médiations sociales que sont les espaces organisationnels et professionnels où s’expriment concrètement la rencontre et la transaction entre les évolutions globales (structurelles et culturelles), les contextes institutionnels, et les aspirations et comportements individuels. Ce faisant, il met en avant des dimensions peu prises en considération dans la pensée et l’action publiques en la matière, celles qui concernent les attitudes des entreprises et les appartenances professionnelles.

  • Être infirmière et parent : une approche compréhensive des engagements et des parcours professionnels en Belgique francophone
    No 88 (2012)

    En Belgique, le groupe professionnel des infirmières est non seulement important d’un point de vue quantitatif, mais est également stratégique dans la politique et la pratique des soins de santé. Il n’est dès lors guère étonnant qu’il soit souvent présent dans les débats publics en lien avec la question de la pénibilité du métier et la problématique des pénuries de main-d’œuvre. Dans cet article, à côté d’une contextualisation de ce groupe professionnel, les auteurs proposent une approche de l’expérience professionnelle des infirmières, tenant compte de différents moments clés du parcours professionnel et de ses interférences avec le parcours de vie dans son ensemble. Ainsi, sur la base d’une soixantaine d’entretiens à caractère biographique, ils analysent les motivations de l’entrée dans cette profession et leur confrontation au réel après quelques années de pratique ; le vécu de l’engagement professionnel et de l’articulation du travail avec la vie familiale ; et le maintien dans l’emploi et l’aménagement de la fin de carrière pour les infirmières de 45 ans et plus. Ce groupe professionnel étant fortement traversé par la logique de genre, la question des différences entre les hommes et les femmes est posée, sous l’angle original des logiques masculines dans un domaine « féminin ». Ce regard sociologique sur la profession infirmière tenant compte de l’articulation de la vie professionnelle avec la vie familiale et du genre permet non seulement de mieux la comprendre, mais aussi de mieux saisir la possibilité de contrer ce qui est politiquement qualifié de pénurie ou d’hémorragie, en agissant sur le système de travail et son organisation pour le rendre plus soutenable.

  • Réussir à l’université : l’influence persistante du capital culturel de la famille
    No 87 (2012)

    Cette recherche porte sur l’influence du parcours scolaire des jeunes et du capital culturel (institutionnalisé) des familles sur la réussite en fin de première année à l’université et dans la suite du parcours académique (redoublement, réussite de la première année universitaire au bout de deux ans). L’analyse de données empiriques collectées en Belgique francophone met en évidence une influence du diplôme des parents sur la réussite de la première année universitaire, même après contrôle de variables relatives à la trajectoire scolaire antérieure. De même, la décision, suite à un premier échec, de redoubler à l’université plutôt que de « partir » vers l’enseignement non universitaire ou le marché du travail, est influencée par le diplôme du père. Ces résultats sont discutés en prenant notamment en considération les spécificités du contexte de l’enseignement secondaire et supérieur en Belgique francophone.

  • Nationalité et parcours scolaire en Belgique francophone
    No 86 (2011)

    La question du poids des variables ethniques sur la réussite scolaire est une question récurrente. Ces dernières années, en Communauté française de Belgique, elle a surtout été instruite sur la base des données PISA. Le présent article travaille cette question à partir de données administratives. Celles-ci permettent de suivre sur trois ans les trajectoires scolaires de l’ensemble des élèves scolarisés en Communauté française en janvier 2005. Les limites de ces données, liées notamment au fait que la notion d’immigré n’est abordée que par la variable nationalité, sont compensées par d’autres atouts tels que leur exhaustivité. Le traitement statistique, centré sur huit groupes de nationalité, montre que les élèves ayant l’une de ces nationalités réussissent, en moyenne, moins bien que les Belges, quel que soit l’indicateur mobilisé. Mais cet ensemble d’élèves est loin de se comporter de manière homogène. Leurs trajectoires dépendent notamment de la phase où se trouve l’élève entre l’arrivée en Belgique et l’éventuelle naturalisation, la position scolaire étant moins bonne pour les primo-arrivants que pour les étrangers ayant gardé leur nationalité, et pour ces derniers que pour les étrangers récemment naturalisés. De telles observations soulignent combien les analyses gagneraient à traiter les variables socio-économiques et ethnique dans une perspective dynamique plutôt que statique. Nous montrons également que les huit groupes de nationalités présentent des comportements assez nettement différenciés et que l’indice socio-économique reste un puissant prédicteur des trajectoires, même si la nationalité semble avoir un impact résiduel, qu’il importe d’interpréter correctement.

  • Comment expliquer le dépôt différé du mémoire de fin d’étude ?
    No 85 (2011)

    Le présent article propose une analyse d’un phénomène peu étudié dans la littérature jusqu’à présent : le dépôt différé du mémoire de fin d’étude. Dans une première partie, nous tentons de comprendre ce qu’est le mémoire ; plus précisément, nous répondons aux questions : d’où vient-il ? Quels sont les objectifs pédagogiques sous-jacents d’un tel travail ? Dans une deuxième étape, nous analysons l’ampleur du dépôt différé du mémoire à travers des données récoltées par le service d’étude de l’Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve. Nous analysons également l’effet de variables sociodémographiques sur ce phénomène. Dans une troisième étape, nous évaluons, sur base de deux études — l’une quantitative et l’autre qualitative — réalisées dans le courant de l’année 2009-2010, les déterminants du dépôt différé du mémoire. Enfin, nous proposons des pistes d’intervention afin de diminuer l’ampleur de ce phénomène.

  • Le rôle de l’établissement d’enseignement secondaire dans la construction des aspirations d’études supérieures
    No 84 (2011)

    Ce cahier met en évidence l’existence d’un effet de l’établissement d’enseignement secondaire fréquenté sur la probabilité d’aspirer à poursuivre des études supérieures en Belgique francophone. La recherche présentée montre que cet effet ne tient pas seulement à la structure de l’offre d’études proposées par l’établissement ou aux caractéristiques du public qu’il scolarise mais qu’il s’explique également par l’information que l’établissement dispense en la matière à ses élèves. Une enquête par questionnaire sur les conceptions et les pratiques mises en place par un échantillon représentatif d’établissements secondaires pour informer leurs élèves sur l’enseignement supérieur permet de cerner différentes façons d’envisager et de faciliter la transition entre enseignement secondaire et enseignement supérieur. La typologie dégagée est ensuite introduite dans un modèle statistique multivarié. L’analyse montre qu’indépendamment de la filière d’études, du retard scolaire, du milieu social d’origine et des attentes familiales, les élèves qui fréquentent un établissement mobilisé autour de la transition secondaire-supérieur doublent leurs chances d’aspirer à suivre des études universitaires par rapport à ceux qui fréquentent un établissement peu préoccupé par cette question. Les implications pratiques et politiques de ces résultats pour la problématique de la production scolaire des inégalités sociales en Communauté française de Belgique sont également discutées.

  • L’effet du contexte institutionnel sur les aspirations d’études. Une répétition de l’analyse de Buchmann et Dalton
    No 83 (2011)

    Selon une étude comparée réalisée par Claudia Buchmann et Ben Dalton (2002), les aspirations d’études supérieures seraient d’autant plus sensibles à l’influence parentale ainsi qu’à l’influence des pairs lorsque la structure de l’enseignement secondaire se caractérise par de faibles possibilités de différenciation des parcours scolaires. En revanche, l’influence de ces deux catégories d’acteurs serait négligeable dans des systèmes autorisant des différences de trajectoires importantes durant l’enseignement secondaire, notamment par le jeu des filières et des options scolaires. La répétition de cette analyse pour le cas de la Belgique francophone contredit l’hypothèse des auteurs et montre que la Belgique se singularise tant par rapport au cas de la France que par rapport à celui de l’Allemagne, malgré un système scolaire dont l’organisation sur ce point peut être considéré comme intermédiaire à celui de ces deux pays. L’auteur suggère que la compréhension des aspirations d’études ultérieures, notamment universitaires, suppose de ne pas se limiter à considérer les spécificités institutionnelles de l’enseignement secondaire mais de tenir compte également des spécificités institutionnelles d’accès à l’enseignement supérieur.

  • Le processus de construction de la connaissance ouvragée des enseignants
    No 82 (2010)

    L’objectif de ce cahier est de faire le point sur la connaissance des enseignants et sur la manière dont elle se construit. La connaissance des enseignants est abordée à partir de la notion de connaissance ouvragée, faisant référence à une forme de connaissance pour le travail et par le travail. Nous nous intéressons ensuite à l’origine de cette connaissance ouvragée, la situant dans les expériences de socialisation primaire et secondaire, les formations et les expériences de travail sur le terrain. L’analyse qualitative d’une quarantaine d’entretiens d’enseignants de l’école primaire nous a permis de confirmer ces origines et d’affiner notre compréhension de la manière dont la connaissance ouvragée des enseignants se construit et évolue.

  • L’approche vygotskienne pour aider à comprendre la pensée des enseignants
    No 81 (2010)

    L'objectif de ce cahier est d'essayer de mieux comprendre comment se construit la pensée des enseignants et plus particulièrement leurs connaissances relatives à l'enseignement. Il s'agira dans un premier temps d'offrir au lecteur une définition de la manière dont nous concevons les connaissances des enseignants et de voir en quoi ce terme se distingue de celui des croyances. Nous nous attarderons ensuite sur l'approche historico-culturelle initiée par Vygotski et tenterons de synthétiser son approche génétique du développement. Nous nous intéresserons plus particulièrement à la manière dont Vygotski envisage le développement du langage et verrons en quoi ses conceptions peuvent aider à comprendre le développement des connaissances chez les enseignants.

  • Les évaluations externes des acquis des élèves : Description de dispositifs existants en Belgique francophone
    No 80 (2010)

    Volontairement descriptif ce cahier propose un état des lieux de dispositifs d’évaluation externe des acquis des élèves à l’œuvre actuellement en Communauté française de Belgique. Sept dispositifs sont ainsi présentés qu’ils soient organisés par la Communauté française ou par un acteur intermédiaire ou local (les réseaux ou les inspecteurs notamment). Dans chaque cas de figure, le mode de conception des épreuves, le déroulement de la passation et les retombées de ces évaluations en termes de certification et/ou de traitements des résultats sont exposés. L’objectif de ce papier n’est pas analytique même si quelques convergences et divergences de ces dispositifs et quelques pistes de recherche sont présentées en conclusion. Il s’agit d’abord de décrire les expériences d’évaluation externe auxquels sont confrontés les acteurs de terrain afin d’offrir à toute personne intéressée par le sujet une meilleure compréhension du système en matière d’évaluation externe.

  • Médecins et thérapeutes alternatifs
    No 79 (2010)

    Cet article se donne pour objectif d’explorer la pertinence de la notion de profession en tant qu’il s’agit à la fois d’une notion indigène et sociologique. Nous y étudions la manière dont les individus (médecins d’une part et thérapeutes alternatifs d’autre part) se définissent eux-mêmes en tant que membres d’un groupe plus large et la manière dont ils se rapprochent ou se différencient de leurs concurrents dans le champ de la pratique médicale. En prenant une posture résolument phénoménologique, nous y proposons une analyse des discours récoltés par entretiens compréhensifs. Cette analyse nous permet de donner chair aux opérations de qualification et de disqualification des pratiques thérapeutiques des uns et des autres.

  • Profil des étudiants entamant des études universitaires et analyse des choix d’études
    No 78 (2010)

    Cet article a pour objectif de développer, à partir d’une base de données inédite portant sur les étudiants s’inscrivant pour la première fois en première année à l’université en Belgique francophone, une étude socio-graphique du profil de ces étudiants et de leurs choix d’études, en prenant en compte plusieurs variables sociologiques et académiques : le sexe, le niveau de diplôme des parents, le statut de boursier et diverses variables décrivant le parcours scolaire antérieur. Il s’agit notamment de mesurer l’écart qui nous sépare d’une situation parfaite d’« égalité des chances » d’accès aux études universitaires, où la répartition des étudiants selon le domaine ou le secteur d’études serait indépendante des « variables héritées » liées au sexe ou aux origines sociales.

  • Les déterminants des aspirations d’études universitaires des jeunes de dernière année secondaire en Communauté française de Belgique
    No 77 (2010)

    L'objectif de notre analyse est double. D'une part, nous voulons, par une série de modèles, voir si en Communauté française de Belgique, il y a encore une influence directe du diplôme des parents après contrôle de variables relatives à la trajectoire scolaire antérieure sur les aspirations d'études universitaires des jeunes de dernière année secondaire. D'autre part, nous nous demandons si des variables relatives au capital culturel incorporé ont une influence au-delà du capital culturel institutionnalisé. Ainsi, nous avons eu recours à des variables témoignant des pratiques culturelles du jeune et de sa famille mais aussi à des variables nous renseignant sur la valeur relative des études universitaires pour la famille ou encore sur l'estime que les parents ont du jeune en termes de compétences scolaires et de capacité à poursuivre des études universitaires. Nous avons, dès lors, constaté que l'aspiration à poursuivre des études universitaires est loin de se résumer à l'effet de la scolarité antérieure, même si cette variable est évidemment centrale dans l'explication. En effet, outre cette variable, on assiste à une influence considérable de la famille et de son capital culturel, et ce en raison de plusieurs variables médiatrices : tout d'abord, les niveaux de diplômes des parents jouent, plus encore le rapport qu'ils entretiennent à l'enseignement universitaire et enfin les pratiques culturelles développées par la famille. De plus, le jugement de la famille sur la compétence du jeune à réussir à l'université importe également

  • Évaluation et accompagnement des établissements en Europe : Diversité et mécanismes d’hybridation
    No 76 (2009)

    Depuis une vingtaine d’année maintenant, les politiques éducatives des systèmes scolaires européens ont connu des transformations substantielles. Ces transformations, d’ordre structurel et cognitif, s’organisent autour 1) d’une redistribution des pouvoirs entre le centre et la périphérie et 2) d’une prise en compte de plus en plus forte des « effets » des systèmes scolaires. Dans cet article, notre objectif est toutefois de montrer à partir d’une analyse comparée de l’évolution des processus d’évaluation et d’accompagnement des établissements d’enseignement en Suède et en Angleterre, qu’au-delà de ces convergences visibles et repérables, les politiques d’accompagnement et d’évaluation des établissements d’enseignement des systèmes scolaires européens comportent un caractère spécifique et de facto irréductible aux modèles transnationaux d’éducation émergents. L’analyse comparée des processus d’évaluation et d’accompagnement des établissements d’enseignement dans ces deux systèmes scolaires ouvre ainsi la porte à une discussion des critères de diversité des politiques de reddition de compte (accountability) dans l’espace européen. Cette discussion est organisée autour de trois axes : 1) les théories de la régulation et du changement sous-jacentes, 2) la signification des processus de décentralisation/centralisation et 3) la transformation des représentations légitimes des systèmes scolaires qui accompagnent ces transformations politiques.

  • Etudier à l’université : le poids des pairs et du capital culturel face aux aspirations d’études
    No 75 (2009)

    La recherche sur les aspirations d’études exprimées par des jeunes de l’enseignement secondaire a mis en évidence l’influence de variables liées au parcours scolaire antérieur des élèves. Mais la recherche a également parfois montré que les aspirations d’études sont, à trajectoire scolaire équivalente, influencées par le capital culturel familial et par les pairs fréquentés à l’école secondaire. Cette influence des pairs semble se manifester à travers divers processus de comparaison entre élèves, de modelage, et d’incorporation dans des réseaux sociaux spécifiques. Dans le prolongement de ces travaux, le premier objectif de cette recherche est d’évaluer pour chacun des pays de l’OCDE (à partir de la base de données PISA 2003) le poids de l’origine sociale et culturelle sur les aspirations d’études. Nous évaluerons ensuite si l’influence du capital culturel familial sur les aspirations d’études se maintient, après avoir pris en considération le niveau scolaire effectif des élèves, mesuré à partir d’une épreuve externe standardisée. Nous analyserons ensuite, pour cet ensemble de pays, si les caractéristiques sociales et scolaires moyennes des autres élèves fréquentant la même école ont une incidence sur les aspirations d’étude, après avoir pris en considération les caractéristiques individuelles des élèves. Enfin, les variations entre pays dans le poids de ces différentes variables seront étudiées au regard de caractéristiques structurelles des systèmes éducatifs, en particulier le recours à des filières de formation au cours de l’enseignement secondaire inférieur.

  • Les commentaires des enseignants et des élèves : Simples jugements ou processus évaluatifs ?
    No 74 (2009)

    Dans les différents pays européens, le bulletin scolaire est l’outil de communication, entre l’école et les parents, le plus communément utilisé. D’après ces auteurs, sa présentation varie, selon les pays, de la simple feuille où l’enseignant coche des cases au livret plus étoffé, dans lequel l’enseignant peut inscrire des informations plus détaillées. Le bulletin s’adresse aux parents, moins directement à l’élève sauf au travers de certains commentaires : « Tu as fait d’énormes efforts », « Bravo pour ton élocution ».

  • Déterminants et effets de la motivation des élèves en éducation physique : revue de la littérature
    No 73 (2009)

    Cette revue de la littérature vise, d’une part, à présenter le modèle de l’auto-détermination et le modèle hiérarchique de la motivation intrinsèque et extrinsèque et, d’autre part, à synthétiser les connaissances scientifiques actuelles sur les facteurs qui peuvent influencer la motivation autodéterminée des élèves dans le contexte spécifique de l’éducation physique scolaire. Les recherches menées autour des modèles de la motivation ont permis de mettre en évidence que l’enseignant peut jouer un rôle déterminant en offrant aux élèves un environnement qui permet de satisfaire leurs besoins d’autonomie, de compétence et d’appartenance sociale. La satisfaction de ces besoins est fondamentale car elle débouche à terme sur l’adoption d’une motivation auto-déterminée et sur des conséquences positives pour l’élève à court terme (engagement, performance) et à long terme (adoption d’un mode de vie actif).

  • La coordination locale du travail enseignant : une approche par le cadrage
    No 72 (2009)

    Depuis les années 1970, l’établissement scolaire a été caractérisé comme une organisation faiblement articulée, dans laquelle le travail des enseignants est faiblement coordonné. Peu d’études se sont pourtant intéressées aux variations locales des modes de coordination du travail enseignant, ainsi qu’à leurs sources et à leur nature. L’objet principal de cette recherche est de mieux comprendre le processus de coordination du travail enseignant au sein d’un établissement d’enseignement primaire, à partir d’une approche socio-cognitive de la coordination du travail. Une étude longitudinale du processus de cadrage a été réalisée durant deux années, de manière à saisir les évolutions parallèles des structures cognitives des enseignants et des structures sociales au sein de l’établissement.

  • Hétérogénéité des élèves et apprentissages : Quelle place pour les pratiques d’enseignement ?
    No 71 (2009)

    À partir d’une revue sélective des études existantes, ce texte vise à faire le point sur un double questionnement : (1) Quelle est la relation entre hétérogénéité des élèves et apprentissages scolaires ? (2) Quel est le rôle des pratiques d’enseignement dans cette relation ? La première partie de ce texte s’intéresse aux effets sur les apprentissages d’une série de dispositifs qui affectent le degré d’hétérogénéité des groupes d’élèves à un niveau structurel : formation des classes, filières, redoublement, composition des établissements, taille des classes. La seconde partie de ce texte s’intéresse aux effets sur le degré d’hétérogénéité d’acquis scolaires de trois options pédagogiques : (a) ajuster les méthodes d’enseignement collectif afin de maximaliser les apprentissages et de réduire les écarts de performances ; (b) transformer les pratiques d’enseignement dans le but d’utiliser les différences entre élèves comme facteur d’apprentissage ; (c) modifier en profondeur les méthodes d’enseignement afin de placer les différences individuelles au cœur du processus d’instruction. Les recherches synthétisées indiquent que chaque possibilité de différenciation introduite dans les parcours scolaires tend à renforcer les inégalités entre les élèves, sans nécessairement renforcer l’efficacité. Inversement, certaines approches pédagogiques apparaissent mieux à même de limiter les écarts d’acquis scolaire entre élèves tout en entraînant un gain d’efficacité.

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