
Mathieu Bouhon et Jean-Louis Jadoulle
Près de vingt ans après l’implantation d’une pédagogie de l’intégration, nous avons voulu apprécier dans quelle mesure les enseignants d’histoire de l’enseignement secondaire belge francophone se sont approprié, sur le plan de l’évaluation des compétences, les principes-clés de l’approche situationnelle qu’implique cette pédagogie. Nous avons également voulu identifier les facteurs susceptibles d’expliquer en quoi les pratiques d’évaluation déclarées par les enseignants sont plus ou moins conformes à ces principes.
L’étude se base sur un questionnaire en ligne administré à 73 enseignants de la 3e à la 6e secondaire. Elle montre que ces enseignants adhèrent majoritairement aux recommandations censées assurer la validité et la fiabilité de leur évaluation. La pratique des rétroactions et, dans une moindre mesure, les pratiques d’auto-évaluation sont également présentes. La proximité de leurs pratiques déclarées avec les principes recommandés est liée, pour une part, aux perceptions qu’ils ont de l’approche par compétences, mais aussi aux perceptions qu’ils ont de la motivation de leurs élèves ainsi que de l’homogénéité et du niveau cognitif de leurs classes. Elle est également corrélée avec leur sentiment d’efficacité en matière d’évaluation des élèves.
Au-delà de la question spécifique de l’évaluation des compétences dans le cadre d’une pédagogie de l’intégration, cette recherche s’interroge sur l’évolution de la perception de l’approche par compétences par les enseignants d’histoire entre 2001 et 2019. Ceux-ci seraient de moins en moins convaincus qu’elle favorise l’appropriation par les élèves des connaissances et renforce leur motivation ; par contre, la majorité d’entre eux serait plus convaincue qu’elle favorise la capacité des élèves à identifier leurs acquis et leurs difficultés.
Les Cahiers de recherche du Girsef sont une collection de documents de travail dont l’objectif est de diffuser des travaux menés au sein du Girsef et de la Chaire de pédagogie universitaire (CPU) ou auxquels sont associés des membres du Girsef ou de la CPU. Leur statut est celui d’une prépublication (working paper). En tant que tels, bien que chaque Cahier fasse l’objet d’une relecture par le responsable de la publication et par un membre du Girsef, la responsabilité finale de leur publication revient à ses auteurs. De plus, les Cahiers restent la propriété de leurs auteurs qui autorisent par leur mise en ligne leur reproduction et leur citation, sous réserve que la source soit mentionnée.