No 117 (2019): Insertion professionnelle des docteur.es récemment proclamé.es Enquête auprès de quatre universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Face à la croissance du nombre de doctorant.e.s et de titulaires d’un titre de docteur en Fédération Wallonie-Bruxelles, les auteurs de cet article ont voulu saisir leur insertion professionnelle au cours des mois qui suivent la soutenance de la thèse. Pour ce faire, une enquête a été menée en 2017 et 2018 auprès de 268 docteur·es récemment diplomé·es à l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Mons, l’Université Saint-Louis et l’Université catholique de Louvain. Outre le suivi mois par mois de leur insertion sur le marché de l’emploi (statut d’emploi, secteur d’activité…), tenant compte entre autre des champs disciplinaires et du sexe, les auteurs mettent en évidence une relation entre les parcours pré-doctoraux et post-doctoraux. En effet, ils observent que les docteur·es qui ont connu au préalable des situations d’emploi dans d’autres milieux professionnels que l’université, ont une tendance à avoir une insertion dans l’emploi hors université facilitée. La réalisation d’une thèse de doctorat sur fonds propres favorise une trajectoire professionnellement plus précaire après la thèse. Pour celles et ceux qui n’ont connu que la recherche scientifique, soit elles/ils poursuivent une carrière à l’université, soit elles/ils se retrouvent aussi dans des trajectoires marquées par la précarité professionnelle, un peu comme s’il leur était difficile d’envisager un autre horizon professionnel. Avoir un objectif clair en fin de thèse de poursuivre ou non au sein de la carrière académique paraît être un déterminant des trajectoires post-doctorales également. Ces résultats ne sont pas sans interpeller les politiques d’accompagnement et d’éventuels programmes de mentorat que mettent en place les universités.

Publiée: 2020-03-06

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