• Race, Racismes, Racialisations : Enjeux conceptuels et méthodologiques, perspectives critiques
    No 42 (2022)

    Coordonné par Milena Doytcheva et Yvan Gastaut

    Coordination éditoriale (au sein d'Émulations) par François Romijn et Romain Tiquet

    À partir de questionnements empiriques, méthodologiques et conceptuels portant sur les processus de catégorisation et de construction des catégories ethnoraciales, au prisme des rapports d’inégalité et de pouvoir, ce dossier propose de renouveler l’examen critique des enjeux soulevés par le réseau conceptuel que forment race, racisme, racialisation, en plaçant délibérément la focale sur leurs dimensions théoriques et méthodologiques. Tissant des liens entre corpus francophones et internationaux, il propose de démultiplier les ancrages (géo)politiques, épistémiques et conceptuels des travaux critiques sur le racisme. Depuis cette perspective, définir – qualifier – enquêter – (d)énoncer forme une séquence problématique qui scande la progression du numéro.

  • Paniques morales. 50 ans après Stanley Cohen
    No 41 (2022)

    Coordonné par Céline Mavrot, Cédric Passard et Grégoire Lits

    Il y a exactement 50 ans, le sociologue Stanley Cohen développait dans son livre Folk Devils and Moral Panics le concept de paniques morales. Il lui permettait d’analyser, dans une perspective interactionniste, comment des bagarres entre jeunes dans une station balnéaire anglaise de seconde zone aux alentours de l’année 1964 avaient été considérablement amplifiées par la presse et les médias de masse et avaient finalement conduit à un renforcement du contrôle social. Depuis, ce concept a largement essaimé dans différents champs des sciences sociales (sociologie, SIC, science politique) mais également dans l’espace public. Comme pour d’autres notions à la croisée du champ scientifique et du champ politico-médiatique (populisme, complotisme…), le flou qui entoure ses usages et les multiples récupérations dont elle fait l’objet interrogent sur sa nature, son intérêt heuristique, et les conditions de son utilisation scientifique. Ce numéro d’Émulations propose donc d’opérer un retour réflexif sur cette notion, son actualité et sa pertinence pour les sciences sociales.

  • Enseigner l’enquête de terrain. Transmettre, expérimenter, éprouver
    No 39-40 (2021)

    Coordonné par Corinne Davault et Anaïs Lebon
    Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) Isabelle Jabiot et Aurore Loretti

    Ce double numéro d’Émulations. Revue de sciences sociales invite à construire nos pratiques pédagogiques de formation à l’enquête de terrain comme objet de recherche. L’originalité des contributions réunies ici est de proposer des récits d’expériences singulières de cet enseignement dans une pluralité de situations : des stages de terrain à partir d’enquêtes collectives, des enseignements en salle de classe dans des cursus de sciences sociales ou bien encore des formations à l’enquête dans des écoles professionnelles. Malgré cette diversité, les douze articles décrivent tous des pratiques d’enseignement et d’apprentissage collectives et réflexives. Ils reviennent sur la construction d’espaces de prises de parole étudiantes, à partir desquels s’invente un enseignement inductif.

    Ce numéro interroge aussi les effets des réformes sur les manières d’enseigner l’enquête en sciences sociales, que ce soit à travers le prisme d’un changement de maquette dans un cursus académique ou celui de l’universitarisation des formations professionnelles. En prenant parfois le risque de dévoiler les difficultés et limites de leur enseignement, les auteurs montrent l’intérêt pédagogique et heuristique de ce type de formation et participent à réarticuler recherche et enseignement.

  • Catholicisme et pratiques médicales Catholicisme et pratiques médicales. Approches socio-historiques (XXe-XXIe siècles)
    No 38 (2021)

    Coordonné par Samuel Dolbeau et Martin Dutron
    Coordination éditoriale (au sein d'Émulations) par Aurore Loretti

    Ce numéro thématique d’Émulations. Revue de sciences sociales se propose de revenir sur la question des relations entretenues entre catholicisme et pratiques médicales aux XXe et XXIe siècles. Les quatre contributions interrogent cette articulation à l’aide des méthodes sociologique et historique. Les articles de Matthieu Brejon de Lavergnée et Jean-Victor Elie positionnent leurs analyses sur des acteurs, ici des personnels de soins de santé catholiques, en prise avec les défis posés par la logique de laïcisation, inhérente au premier XXe siècle. Les études d’Anthony Favier, et de Marion Maudet et Cécile Thomé portent, eux, sur une étude des discours catholiques, recourant à des arguments de type biomédicaux, autour de questions relatives aux politiques de l’intime : l’homosexualité et la contraception. À l’interface des études sur le catholicisme contemporain et sur les pratiques médicales, et en dehors de leurs intérêts propres, se croisent des questions renvoyant à des phénomènes aussi divers que la politisation, la professionnalisation, les mutations de l’autorité ou encore de l’agency.

  • Associations et bureaucratisation : perspectives africaines
    No 37 (2021)

    Le fait de s’associer est au fondement de la société, mais une forme particulière tend à s’imposer : l’association que nous appelons ici bureaucratique, qui se réfère à une loi, qui est constituée par des statuts enregistrés par une administration étatique, ou qui emprunte simplement des pratiques à l’imaginaire bureaucratique. Qu’est ce qui caractérise l’association bureaucratique ? Pour y répondre, ce numéro thématique s’appuie sur des études empiriques basées sur le continent africain où différentes modalités de regroupement ont été décrites et analysées. La pluralité des situations présentées dans ce numéro, tant du point de vue des associations (étudiante, religieuse, culturelle, caritative) que des pays (Cameroun, Côte d’Ivoire, Nigéria, Sénégal, Tunisie), vise à faire émerger des dimensions bureaucratiques partagées plutôt que de partir d’un modèle bureaucratique dont on s’éloignerait selon des spécificités culturelles. Ce numéro entend ainsi réintégrer l’imaginaire bureaucratique au coeur de la réflexion sur les associations en Afrique, dans leur fondation et leur mutation, leur relation, leur fonctionnement, autant que la variété des formes de collectifs.

    Coordonné par Laure Carbonnel, Kamina Diallo et Lamine Doumbia
    Coordination éditoriale (au sein d'Émulations) par Cédric Passard

  • Santé, inégalités, discriminations
    No 35-36 (2020)

    Coordonné par Louis Braverman et Aurore Loretti
    Coordination éditoriale (au sein d'Émulations) par François Romijn et Kevin Toffel

    Loin d’être une donnée purement biologique ou naturelle, inscrite dans l’ordre des choses, la santé est profondément façonnée par l'ordre social et les rapports de domination qui structurent nos sociétés. Ce double numéro invite à renouveler le regard sur ce phénomène bien connu des sciences sociales et à approfondir les questionnements sur les inégalités et les discriminations en santé à partir d’une multitude d’objets : l'accueil et le tri des patients aux urgences, le diabète, le VIH/sida, la relation médecin-malade, les refus de soins, le suivi de grossesse et les parcours de contraception. En faisant la part belle aux approches empiriques et ethnographiques, l’ensemble des textes réunis ici contribue à mettre au jour le jeu des mécanismes, formels et informels, structurels et organisationnels, ainsi que les interactions, la pluralité d'acteurs et les différents espaces qui interviennent dans la fabrique des inégalités.

  • Transnationaliser le retour. Vers une révision du regard sur les migrations de retour contemporaines
    No 34 (2020)

    Coordonné par Audrey Lenoël, Anda David et Annalisa Maitilasso
    Coordination éditoriale (au sein d'Émulations) par Olivia Legrip-Randriambelo

    Qu’il soit considéré comme l’accomplissement de l’entreprise migratoire ou comme une des options à disposition des migrants, le retour est au cœur du projet de mobilité. Objet d'étude autrefois négligé, les perspectives se sont multipliées dans les différentes disciplines des sciences sociales pour appréhender la migration de retour, mettant en lumière le vécu et les stratégies des migrants, les effets des retours sur les sociétés d’origine ou encore les mécanismes et les effets des politiques publiques d’aide au retour "volontaire" et des retours contraints. Ce numéro spécial cherche à restituer la richesse d'un regard pluridisciplinaire sur le retour à travers des articles adoptant des approches quantitatives et qualitatives, et interrogeant le sujet d’après des angles divers dialoguant entre eux, dans des contextes géographiques variés.

  • La nuit urbaine La nuit urbaine. Un espace-temps complexe entre opportunités et inégalités
    No 33 (2020)

    Coordonné par Hélène Jeanmougin et Emanuele Giordano.
    Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) par Romain Tiquet.

    L’appropriation de la nuit urbaine par des activités économiques, sociales et culturelles a connu au XXe siècle une accélération sans précédent. L’intérêt croissant des sciences sociales pour cet objet de recherche a permis de mieux connaître les dynamiques caractérisant l’évolution de l’espace-temps nocturne dans les différentes parties du globe. Ce numéro souligne la nécessité de poursuivre l’exploration de cet espace-temps complexe. En réunissant des contributions de différentes disciplines et sur des régions géographiques variées, il propose de lier tendances globales et spécificités locales qui (re)configurent la nuit urbaine dans la ville contemporaine. Les apports de ces contributions sont présentés et articulés autour de quatre axes : lieux et usages différenciés des pratiques nocturnes, attractivité et conflits, inégalités nocturnes, méthodologies des enquêtes sur la nuit.

  • Aux frontières de la parenté. Un éclairage par les marges
    No 32 (2019)

    Que peut nous apprendre la question des marges sur la parenté ? Réciproquement, comment les études sur la parenté contribuent-elles à éclairer le rapport des marges à la norme ? Comment les notions de marge, confins, frontières ou limites sont-elles comprises et opérantes selon les époques et les espaces géographiques ? À travers cinq articles originaux et un double entretien, ce numéro éclaire la diversité des acceptions de ces notions par la description des pratiques, des représentations et des normes qui leurs sont associées. Il est une invitation à réinterroger des thématiques classiques de l’anthropologie telles que l’alliance, le rapport entre vivant·e·s et défunt·e·s, le genre et la filiation.

  • Thomas Schelling dans les sciences sociales Thomas C. Schelling dans les sciences sociales. Petites et grandes stratégies
    No 31 (2019)

    Coordonné par Natália Frozel Barros et Alessio Motta.
    Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) par Lionel Francou. 

    Conseiller stratégique états-unien, Thomas Crombie Schelling a influencé la politique extérieure de son pays, mais aussi de nombreux chercheurs en sciences sociales. En France, son œuvre a fourni des pierres décisives aux approches individualistes, à la théorie de l’acteur stratégique de Crozier et Friedberg, mais aussi à la sociologie des crises politiques de Dobry. Cette influence s’est surtout exercée par touches et apports conceptuels ponctuels. Des incursions à l’image du projet de Schelling, qui ne fut pas la création d’un cadre théorique permettant de penser l’ensemble du fonctionnement d’une société, mais plutôt une succession d’idées fécondes et de ponts entre les grands phénomènes et moments de l’Histoire et les situations de coordination quotidiennes les plus terre-à-terre. Trois ans après la mort de Schelling, ce dossier d’Émulations revient sur les apports de ses travaux et les mobilise pour ouvrir de nouvelles pistes permettant de comprendre les petites et grandes stratégies qui se trouvent derrière les décisions prises dans une administration, une assemblée, un coup d’État, une mobilisation collective…

  • Comment les jeux font-ils société ? Comment les jeux font-ils société ? Contenus, pratiques et médiations ludiques
    No 30 (2019)

    Coordonné par Fanny Barnabé, Julien Bazile, Rémi Cayatte.
    Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) par Céline Mavrot. 

    Les jeux vidéo interrogent autant qu’ils mettent en lumière notre rapport au réel et aux enjeux sociétaux contemporains. Ce « nouveau média », déjà vieux de plusieurs décennies, permet d’aborder et de représenter des phénomènes de société et des questions d’actualités au moyen de mécanismes spécifiques (ludiques, interactifs, immersifs, etc.) dont beaucoup restent encore à explorer et à formaliser. Prolongeant ces questions, le présent numéro propose d’explorer le vaste champ des relations entre jeux vidéo et société à travers six articles inscrits dans différentes traditions disciplinaires (sociologie, sciences du jeu, esthétique, etc.), conclus par une synthèse de Dominic Arsenault et par un entretien avec Sébastien Genvo, tous deux professeurs en sciences du jeu.

  • Enfances à l'école - Frédérique Giraud Enfances à l'école
    No 29 (2019)

    Coordonné par Frédérique Giraud.
    Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) par Romain Tiquet. 

    Des enfances, multiples et inégales, se construisent à l’école dès les premières étapes de la scolarité. Le dossier propose de pénétrer dans la boite noire de l’école pour donner à voir et à comprendre les façons dont les acteurs des mondes éducatifs façonnent par leurs pratiques et leurs représentations de l’enfance, des formes pédagogiques plurielles. L’enjeu est de contribuer à étudier les manières dont les institutions éducatives, différemment selon leurs caractéristiques et les pratiques concrètes des acteurs, pensent les enfants et par ce biais construisent des enfances plurielles et inégales. Si l’école produit ainsi une certaine vision de l’enfance, c’est parce qu’elle est investie de la mission d’éduquer les enfants et scolarise encore aujourd’hui la grande majorité des enfants en âge d’être instruits. Les élèves y forment des manières de voir et d’agir en fonction des différentes relations sociales qu’ils y nouent et des (ré)actions des différents autruis significatifs qui les socialisent.

  • précarité, précaires, précariat Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux
    No 28 (2018)

    Coordonné par Adrien Mazières-Vaysse, Giulia Mensitieri, Cyprien Tasset. Coordination éditoriale pour Émulations par Olivia Legrip-Randriambelo

    La notion de précarité a été particulièrement travaillée par la sociologie française. Mais elle se trouve engagée, surtout depuis le début du XXIe siècle, dans des circulations internationales d’où elle revient chargée d’une constellation de sens transformée par ses appropriations diverses. Elle peut décrire les défaillances contemporaines d’un État-providence en délitement ; interroger les transformations des subjectivités créées par les nouveaux dispositifs de travail ; questionner le travail dans la sphère de la production, mais aussi de la reproduction et aujourd’hui de la subsistance. Ce dossier entend tirer parti de ces circulations et de cette multiplicité de sens pour mieux comprendre la place de l’idée de précarité dans les sciences sociales critiques contemporaines. En plus de six articles de recherche originaux, ce dossier comporte deux textes mêlant interrogations sociologiques et auto-analyses, un entretien avec la chercheuse britannique Angela McRobbie et une conclusion de Patrick Cingolani.

  • Les maladies chroniques dans les suds Les maladies chroniques dans les Suds. Expériences, savoirs et politiques aux marges de la santé globale
    No 27 (2018)

    Coordonné par : Marie-Cécile Frieden, Nils Graber, Meriem M’zoughi. Coordination éditoriale pour Émulations par François Romijn

    « Maladies chroniques » et « Suds » sont des termes rarement associés mais qui constituent le cœur des réflexions menées au sein de ce numéro thématique. Les articles regroupés ici décrivent les expériences des acteurs – malades chroniques, familles, équipes de soins – et montrent les obstacles, contraintes et stratégies d’adaptation dans des contextes politico-économiques fragiles, où la désarticulation et la fragmentation des politiques de santé tant nationales que globales sont pointées du doigt. Les différents textes interrogent la chronicité en tant que telle. Cette catégorie peut-elle s’appliquer à des pays aux réalités socio-culturelles et structurelles éloignées de celles au sein desquelles le concept a été forgé ? Finalement, ces contributions révèlent comment les jeux de concurrence entre différents savoirs ou acteurs s’inscrivent dans une temporalité longue, se négocient et se renégocient, face aux doutes, incertitudes, conflits, liés aux questions cruciales de la reconnaissance sociale de la chronicité et de la continuité des soins dans une expérience de maladie.

     

  • repenser la dichotomie national international Repenser la dichotomie « national vs international ». Dialogues, tensions, réciprocité
    No 26 (2018)

    Coordonné par Vincent Houle, Solène Maillet et Guillemette Martin.
    Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) par Kevin Toffel. 

    Ce dossier d’Émulations aborde de front les catégories de « national » et d'« international ». Il mobilise différentes perspectives disciplinaires pour réfléchir à ces concepts, les interroger, les remettre en question, voire confirmer ou, au contraire, disqualifier leur usage. Comment mieux comprendre la dichotomie conceptuelle national/international ? Dans quelle mesure cette tension constitue-t-elle un socle épistémologique nécessaire à la compréhension des phénomènes contemporains ? Les sept contributions ainsi que l'entretien qui clôt l'ensemble apportent de nombreux éléments de réponse à ces questions. Se déploie un dialogue riche et original sur les interactions multiples et complexes tissées au fil du temps entre les logiques internationales et les préoccupations nationales, qu’elles soient politiques, économiques, sociales ou culturelles. Du Guatemala à l’Australie, en passant par l’Europe occidentale et la Corée du Sud, les contributions invitent à une réflexion multi-située sur cette négociation désormais inévitable entre intérêts nationaux et enjeux internationaux.

  • sociologie du travail Des dispositions au travail. L’origine sociale des pratiques professionnelles
    No 25 (2018)

    Coordonné par David Pichonnaz et Kevin Toffel.

    Ce numéro d’Émulations propose de renouer avec une sociologie générale tout en se concentrant sur une question centrale en sociologie des professions et du travail, celle de l’étude des visions du métier et des pratiques professionnelles. En s’appuyant sur une analyse dispositionnelle, il propose de rendre compte de ces représentations et pratiques au travers d’une étude des trajectoires sociales des travailleurs et travailleuses. S’intéressant à la manière dont des dispositions acquises hors de la sphère du travail contribuent à façonner les carrières, les visions du métier et les pratiques professionnelles, les textes qui y sont réunis montrent l’importance de ne pas séparer l’étude du travail de l’ancrage social des agents. En explorant des contextes de socialisation divers, ces contributions attestent du fait que l’analyse de l’impact de la socialisation antérieure offre de belles promesses à l’étude du travail en contribuant à renouveler les approches en sociologie des professions.

  • les acteurs religieux africains Les acteurs religieux africains à l’ère du numérique
    No 24 (2017)

    Coordonné par Pamela Millet-Mouity et Frédérick Madore
    Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) par Romain Tiquet

    Ce dossier d’Émulations entend porter un regard pluridisciplinaire sur les nouvelles réalités induites par l’irruption des médias numériques dans la sphère religieuse en Afrique subsaharienne. À partir de terrains inédits, les auteur·e·s ont cherché à réfléchir à l’utilisation des médias numériques par des groupes religieux et des figures charismatiques de différentes confessions dans cinq pays (Burkina Faso, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, République démocratique du Congo). Chaque contribution questionne les multiples bricolages, ramifications, circulations et conflictualités qui travaillent le « religieux africain » à l’ère du numérique, tant au niveau des discours et des représentations que des pratiques. Le numéro propose également un entretien avec Rosalind I. J. Hackett, une des pionnières dans les recherches sur les religions et les médias en Afrique, en plus d’une conclusion de Katrien Pype. Ce numéro spécial se veut donc une contribution originale à une région qui est quelque peu restée en marge des Digital Religion Studies.

  • sexualité et religion Sexualité et religion aux risques de l'enquête de terrain
    No 23 (2017)
     Coordonné par Myriam Joël et Josselin Tricou. Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) Isabelle Jabiot.

    Ce dossier d’Émulations entend ouvrir un chantier méthodologique à la croisée entre sexualité et religion. Certes, la question de la sexualité ne représente pas une lacune dans le champ de la sociologie de la religion, et réciproquement. Mais si ces deux objets ont été pensés conjointement, l’ensemble des analyses produites souffre généralement d’une carence sur le plan de la réflexion méthodologique. Exception faite de la mention des réserves des individus à aborder leurs comportements sexuels devant des personnes qui ne leur sont pas familières, les chercheurs n’évoquent en effet qu’en filigrane, voire évincent, les questions d’ordre pratique et éthique qui se sont posées pendant leur enquête. Ce point aveugle soulève des interrogations dans un contexte où la démarche critique-analytique est devenue un point de passage obligé du travail de terrain et où la subjectivité n’est désormais plus honteuse. Cette carence interpelle d’autant plus qu’elle s’observe ici à propos de deux objets fortement investis sur les plans émotionnels, symboliques et corporels, dont la conjonction redouble la nécessité d’objectiver la subjectivité qui y est inévitablement associée.

  • Ethnographie du proche Ethnographies du proche. Perspectives réflexives et enjeux de terrain
    No 22 (2017)

    Coordonné par Marie Campigotto, Rachel Dobbels et Elsa Mescoli en collaboration avec (pour Émulations) Lionel Francou.

    Ce numéro thématique d’Émulations interroge la pratique du terrain « chez soi » qui soulève une série de questions liées à des enjeux méthodologiques, épistémologiques, éthiques et politiques auxquelles la nouvelle génération de chercheurs du proche est particulièrement confrontée. Il explore notamment les conjonctures sociétales et les positionnements personnels qui amènent certains d’entre eux à faire du terrain « chez soi » ; les répercussions d’une telle orientation, la conduite, l’aboutissement et la validation scientifique de leurs recherches, mais aussi les écueils méthodologiques et épistémologiques auxquels les chercheurs s’exposent, les manières dont se façonnent l’entrée et la sortie du terrain, ainsi que les relations d’enquête. Ce volume propose un retour réflexif sur les pratiques ethnographiques, en décortiquant des situations d’enquête hétérogènes, concrètes et situées, au sein desquelles se déclinent dans une pluralité de formes trois aspects principaux et intiment entrelacés de la relation au terrain : la familiarité, l’altérité et l’engagement. Les contributions rassemblées dans ce numéro démontrent en quels termes la réflexivité propre à l’ethnographie se déploie lorsque le contexte au sein duquel le chercheur œuvre implique une proximité de différents ordres entre celui-ci et les sujets de son terrain, permettant ainsi de répertorier les trajectoires singulières que le retour sur l’expérience de recherche fait éclore.

  • Etre jeunes chercheurs aujourd'hui Être jeunes chercheur∙e∙s aujourd'hui
    No 21 (2017)

    Coordonné par Bernard Fusulier, Nathan Gurnet et Farah Dubois-Shaik en collaboration avec (pour Émulations) Anh Thy Nguyen.

    Ce numéro d’Émulations interroge, décrit et analyse les réalités ainsi que les enjeux du parcours doctoral. Le propos ne porte pas sur les objets ou sur les pratiques scientifiques, mais vise à appréhender le fonctionnement de l’université, en tant qu’institution et lieu de carrières scientifiques, et à porter le regard sur les chercheurs qu’elles forment et qui entrevoient à travers elle l’horizon professionnel tant désiré.

    Les contributions rassemblent à la fois des recherches théoriques, des enquêtes de terrain et des retours réflexifs sur l’expérience du doctorat. Ce numéro offre ainsi une pluralité de points de vue qui contribuent au cumul des savoirs sur l’expérience contemporaine de l’initiation à la recherche jusqu’à la titularisation en passant par l’étape charnière que représente la réalisation d’une thèse de doctorat. En traitant des nouvelles régulations en matière de politiques scientifiques, de l’internationalisation accrue des activités scientifiques, des aléas et difficultés de la carrière scientifique, et de l’insertion professionnelle des docteurs dans et hors milieu académique, ce volume participe plus largement à une analyse de la place et du rôle de la recherche et de l’université dans notre société.

  • sociologie de l'environnement Enjeux environnementaux transnationaux. Politiques et acteurs sociaux
    No 20 (2016)

    Coordonné par Ingreet Juliet Cano Castellanos, Marlène Degrémont et Arthur Laurent en collaboration avec (pour Émulations) Maximilien Cogels.

    Les politiques environnementales font aujourd’hui l’objet d’un nombre croissant d’accords internationaux et d’initiatives de la société civile. Ainsi, la production d’énergie renouvelable, les initiatives d’efficacité énergétique, de gestion des forêts, d’exploitation des ressources, les stratégies d’adaptation et mitigation du changement climatique semblent être au cœur des enjeux environnementaux contemporains, à une époque où l’exploitation des ressources naturelles atteint ses limites. En parallèle, des acteurs de différentes tailles émergent ou se trouvent immergés dans ce contexte caractérisé par une forte porosité entre les niveaux local, supra-local et global. Les contributions de ce numéro portent un regard nouveau sur les processus transnationaux qui émergent de la rencontre et de la confrontation entre des acteurs et institutions étatiques et non-étatiques dans le cadre de la production de politiques publiques environnementales. Issues des expériences de terrain dans des contextes géographiques, politiques et environnementaux variés, les auteurs de ce numéro offrent une analyse fine des dynamiques socio-environnementales et des enjeux de gouvernance appréhendés dans leur complexité.

  • social movement from the south Perspectives on Social Movements. Voices from the South
    No 19 (2016)

    Coordonné par Philipp Altmann, Deniz Günce Demirhisar et Jacob Mwathi Mati en collaboration avec (pour Émulations) Maximilien Cogels.

    L’étude des mouvements sociaux dans les sciences sociales a pris un nouvel essor après les vagues de contestations révolutionnaires et les mouvements Occupy de notre décennie. L’intuition au départ de ce numéro thématique est que notre compréhension de ces mouvements est limitée par le caractère eurocentrique des catégories et concepts forgés pour les analyser. Il est par ailleurs incontestable que de nombreux mouvements sociaux importants aujourd’hui se développent d’abord au Sud avant de se globaliser. Les coordinateurs de ce numéro d’Émulations privilégient une approche des mouvements sociaux depuis le Sud et par des chercheurs du Sud. Ce changement d’optique est nécessaire pour comprendre, avec de nouveaux outils intellectuels, les dynamiques de ces mouvements qui dessinent notre avenir commun. Ce numéro thématique rassemble des études empiriques des mouvements observés en Amérique latine, en Afrique et en Amérique du Nord, en espérant que ces contributions puissent ouvrir un nouvel horizon théorique pour comprendre nos sociétés en mouvement.

    Ce numéro d'Émulations résulte d'une collaboration avec le Research Committee 47 (Social Classes and Social Movements) de l'Association internationale de sociologie et sa
    plateforme "Open Movements: for a global and public sociology of social movements".

  • Amour en sciences sociales L’amour en sciences sociales, les sciences sociales en amour
    No 18 (2016)

    Coordonné par Isabelle Jabiot, Maïté Maskens et Carine Plancke. Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) François Romijn.

    Ce dossier d’Émulations entend apporter sa pierre au jeune édifice liant l’amour et les sciences sociales. Sujet longtemps ignoré car associé à l’irrationalité, au féminin, à l’ineffable ou encore à un mystère trop grand pour être approché par la science, l’amour devient peu à peu un sujet de recherche légitime. C’est pourquoi, dans ce numéro, nous faisons la part belle à celui-ci, en le plaçant au cœur des sciences sociales, en le considérant non seulement comme un objet de recherche mais aussi comme une posture ou une démarche. Deux axes structurent donc ce numéro. D’une part, sont explorées les déclinaisons et les particularités de l’expérience de l’amour dans différents contextes ; en particulier, cette forme prégnante, de nos jours, qu’est l’amour romantique. S’y trouvent questionnées – sur base d’entretiens au cœur de l’intime, de corpus de données constitués au cours d’un cheminement personnel, d’un parcours de recherche ou d’investigations auto-ethnographiques – son émergence, sa persistance et son évolution dans diverses sociétés (belge, suisse, omanaise, canadienne et française), les tensions et exclusions qu’elle cause ainsi que son articulation à des pratiques et à des imaginaires locaux. À l’heure où les sciences sociales interrogent la diversité des êtres et leurs existences, le lecteur aura également un aperçu de ce que peut être l’amour au-delà de « l’entre-êtres humains ». D’autre part, le défi a été lancé pour comprendre combien l’amour du chercheur pour sa recherche, pour son terrain ou pour ses interlocuteurs peut constituer un moteur, un rouage des connaissances produites en sciences sociales. Pour répondre à cette interrogation, quatre entretiens avec des chercheurs travaillant de longue date sur la question de l’amour au travers d’abordages divers (Michèle Pagès, Jennifer Cole, Charles Lindholm et Catherine Besteman) sont restitués dans ce dossier. Conçus avant tout pour comprendre la manière dont l’amour s’était immiscé en tant qu’objet d’investigation, plus ou moins difficilement au regard du contexte de la recherche, plus ou moins spontanément selon les expériences de terrain, ces entretiens tentent également de saisir si parler d’amour depuis une perspective socio-anthropologique constitue un choix à part entière dans ce que le chercheur cherche à dire au monde.

  • entre migrations et mobilités Entre migrations et mobilités : itinéraires contemporains
    No 17 (2016)

    Coordonné par Marie Peretti-Ndiaye, Hélène Quashie et Liza Terrazzoni. Coordination éditoriale (au sein d’Émulations) Fanny Robles

    Les profils et expériences migratoires apparaissent aujourd’hui de plus en plus diversifiés et invitent à étudier, au-delà des appartenances socio-économiques ou nationales, les changements de statuts qui traversent les trajectoires, tout autant que la recomposition, voire l’affaiblissement, du rôle des États dans les mouvements migratoires. Certaines formes de ces phénomènes restent aujourd’hui peu étudiées par les sciences sociales, dans un contexte ambivalent marqué par une intensité des mouvements soumis à des politiques plus austères ou caractérisés par un passage plus fluide des frontières. Les contributions de ce numéro intitulé Entre migrations et mobilités : itinéraires contemporains convoquent les paradigmes dominants en sciences sociales (intégration, circulation, transnationalisme) pour les discuter et les mettre à l’épreuve des réalités empiriques observées.

  • Médias et identités
    No 16 (2015)

    Coordonné par Marie Fierens et Julien Danero Iglesias. Coordination éditoriale (au sein d’Émulations)
    Grégoire Lits.

    Depuis des siècles, une forme de pouvoir est attribuée aux médias de masse. Mais en quoi consiste réellement cette capacité d’influence supposée ? Qui sont les acteurs qui la détiennent ? Quelles stratégies poursuivent-ils de manière consciente ou inconsciente ? Ce numéro intitulé « Médias et identités » propose des éléments de réponse à ces questions en abordant le rôle des médias dans la formation ou le renforcement des sentiments d’appartenance individuels ou collectifs. Les réflexions proposées par des jeunes chercheurs issus de traditions disciplinaires multiples s’ancrent dans neuf contextes historiques et contemporains spécifiques. Elles relativisent les notions de quatrième pouvoir et d’indépendance souvent associées aux médias et mettent en exergue les réseaux d’interdépendances dans lesquelles les journalistes exercent leur profession.

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