Emulations - Revue de sciences sociales https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations <p><em>Émulations</em> est une revue de sciences sociales internationale à comité de lecture. Elle publie quatre numéros par an aux Presses universitaires de Louvain, ainsi que des articles varia, des entretiens et des comptes rendus en ligne, le tout en libre accès. Les versions papier des derniers numéros peuvent être commandés via la librairie en ligne <strong><a href="http://www.i6doc.com/fr/revues/?collection_id=276">i6doc.com</a></strong>. <em>Émulations</em> est publiée avec l'aide financière du Fonds de la recherche scientifique-FNRS (Belgique).</p> fr-FR redac@revue-emulations.net (Olivia Legrip-Randriambelo et Kevin Toffel) OpenJournalSystem@uclouvain.be (Support technique Plateforme OJS) Mon, 05 Jul 2021 00:00:00 +0000 OJS 3.1.2.1 http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss 60 Catholicisme et pratiques médicales https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/dolbeaudutron <p>En février 1994, le pape Jean-Paul II (1920-2005) nomme Jérôme Lejeune (1926-1994) premier président de la nouvelle Académie pontificale pour la vie. Ce médecin et gé- néticien français est, avec Marthe Gautier (1925) et Raymond Turpin (1895-1988), l’un des codécouvreurs du chromosome responsable de la trisomie 21. Pour ce catholique membre de l’Opus Dei, cette nomination symbolique – il meurt deux mois plus tard – vient couronner une vie d’engagement contre l’avortement, la contraception, l’eutha- nasie, soit tout ce que le souverain pontife qualifie de « culture de mort » dans son encyclique <em>Evangelium Vitae</em>. En juin 2007, un procès de béatification est ouvert et, le 21 janvier 2021, « l’héroïcité des vertus » du professeur Lejeune est reconnue par le pape François, l’élevant ainsi au rang de vénérable pour l’Église catholique.</p> Samuel Dolbeau, Martin Dutron Copyright (c) https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/dolbeaudutron Tue, 06 Jul 2021 00:00:00 +0000 Les religieuses qui soignent https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/brejon <p>Si le rôle des religieuses soignantes a été largement étudié concernant le XIXe siècle, tel n’est pas le cas pour le XXe siècle où le modèle français médicalisation/laïcisation a conduit à privilégier l’émergence des infirmières laïques aux dépens des religieuses. Or celles-ci vont accompagner le mouvement de médicalisation de l’hôpital et de professionnalisation de ses métiers. Les facteurs qui y concourent semblent être : la pression politique qui contraint à se former et à gagner les certificats puis diplômes d’infirmière ; l’évolution des fronts sanitaires avec la tuberculose et les sanatoriums après la Première Guerre mondiale ; un consensus de genre entre médecins (hommes) et infirmières (femmes) accepté par les religieuses et soutenu par les administrations hospitalières. De plus, l’insistance sur la formation professionnelle met aussi à mal, après une génération d’efforts, la définition de la vocation comme la distinction entre personnels religieux et laïques au sein de l’hôpital. Les associations d’infirmières comme le syndicalisme hospitalier révèlent ces tensions.</p> Matthieu Brejon de Lavergnée Copyright (c) https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/brejon Tue, 06 Jul 2021 00:00:00 +0000 « Former une élite médicale chrétienne » https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/elie <p>La Conférence Laënnec s’est constituée, dans les années 1930, comme un lieu de formation délibérément orienté vers une élite médicale chrétienne, dont le savoir permettrait d’asseoir une autorité et une influence participant à la réinstauration d’« un ordre social chrétien » ; un lieu de sociabilité fondé sur une communauté morale fortement intégrée, réalisant les prodromes d’une corporation médicale ; un lieu de débats, devenu signe de contradiction dans la société française et dans l’Église catholique, en tentant de définir un nouvel ordre pour la médecine à travers la promotion d’un « humanisme médical » et la définition du « médecin catholique » à partir de la thématisation de nombreux cas de conscience.</p> Jean-Victor Élie Copyright (c) https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/elie Tue, 06 Jul 2021 00:00:00 +0000 Avec l’aide et aux frontières de la médecine https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/favier <p>Cet article fait le récit de l’organisation, au sein du catholicisme français contemporain, de pratiques religieuses aux frontières de la médecine et des sciences psychologiques de l’accompagnement, de correction de l’homosexualité ou de la transidentité. Contrant l’idée que les thérapies de conversion relèvent du monde protestant nord-américain et qu’elles ne concernent pas le catholicisme, il s’intéresse à trois moments chronologiques significatifs, chacun associé à des acteurs importants de cette pastorale : les docteurs Marcel Eck et Marc Oraison dans les années 1960-1970, Tony Anatrella dans les années 1980-1990, et les mouvements charismatiques type « Courage » depuis les années 2000.</p> Anthony Favier Copyright (c) https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/favier Tue, 06 Jul 2021 00:00:00 +0000 S’arranger avec l’Église ? https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/maudetthome <p>En décembre 1967 est votée en France la loi Neuwirth, qui légalise l’utili- sation de la contraception médicale. Or, à la surprise de la communauté catholique qui espérait qu’elle soit également autorisée par le magistère romain, paraît en 1968 l’encyclique Humanae Vitae, qui réaffirme l’opposition de l’Église à l’utilisation de ces méthodes médicales. La communauté catholique se divise alors entre une majorité de fidèles souhaitant pouvoir utiliser des méthodes contraceptives médicalisées et une fraction plus réduite participant au développement et au perfectionnement des méthodes d’auto-observation (MAO), seules méthodes autorisées par l’Église, et les utilisant. Cinquante ans plus tard, cet article a pour objectif d’expliquer les logiques contraceptives contemporaines des catholiques pratiquant·e·s et d’interroger l’étanchéité des positions à l’égard de la contraception, entre méthodes médicales et MAO, à partir de l’analyse d’une trentaine d’entretiens menés auprès de cette population. Il analyse la diversité des parcours contraceptifs et la pluralité des discours justifiant l’utilisation des méthodes médicales et non médicales, en montrant que la position de l’Église peut être mise à distance même par les catholiques pratiquant·e·s. Il resitue en particulier leurs choix en matière de contraception dans des représentations plus larges concernant le couple, le genre, la sexualité ou encore ce que serait la « nature », en mettant en évidence que le dogme religieux ne constitue qu’une justification parmi d’autres de pratiques diverses et pouvant évoluer au cours de la vie.</p> Marion Maudet, Cécile Thomé Copyright (c) https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/maudetthome Tue, 06 Jul 2021 00:00:00 +0000 Conclusion https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/rusterholz <p>Le dossier dirigé par Samuel Dolbeau et Martin Dutron sur les liens entre le catholicisme et les pratiques médicales s’inscrit dans un renouveau de la recherche historique qui voit les relations entre catholicisme, médecine et sexualité faire l’objet d’études approfondies. En témoignent le récent numéro spécial de Medical History dirigé par Laura Kelly et Agata Ignaciuk (2020) qui éclaire les interactions entre catholicisme, pratiques contraceptives et médecine dans une perspective transnationale, ou encore l’ouvrage collectif dirigé par Alana Harris qui explore la réception de l’encyclique Humanae Vitae en Europe (2018).</p> Caroline Rusterholz Copyright (c) https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/rusterholz Tue, 06 Jul 2021 00:00:00 +0000