Émulations - Revue de sciences sociales https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations <p><em>Émulations</em> est une revue de sciences sociales internationale à comité de lecture. Elle publie quatre numéros par an aux Presses universitaires de Louvain, ainsi que des articles varia, des entretiens et des comptes rendus en ligne, le tout en libre accès. Les versions papier des derniers numéros peuvent être commandés via la librairie en ligne <strong><a href="http://www.i6doc.com/fr/revues/?collection_id=276">i6doc.com</a></strong>. <em>Émulations</em> est publiée avec l'aide financière du Fonds de la recherche scientifique-FNRS (Belgique).</p> Presses universitaires de Louvain fr-FR Émulations - Revue de sciences sociales 2030-5656 Pour une analyse dispositionnelle des pratiques professionnelles https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5833 <p>.</p> David Pichonnaz Kevin Toffel ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 7 21 10.14428/emulations.025.01 Du « matheux » bourgeois au « Quant » corporate https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5843 <p>Comment des héritiers des classes supérieures scientifiques, animés par l’amour désintéressé des mathématiques, se muent-ils en agents financiers acquis à l’esprit « <em>corporate</em>&nbsp;» ? Cet article propose l’examen minutieux des métamorphoses du «&nbsp;capital culturel scientifique&nbsp;» des Quants, ingénieurs-mathématiciens à la City de Londres. Une enquête de six mois, élaborée à partir de neuf entretiens semi-dirigés et d’un corpus de lettres de motivation et grilles de salaire, met au jour la fabrique des dispositions contradictoires qui façonnent leur ethos professionnel. Porteurs de puissantes dispositions ascétique et scholastique, chevillées à une appétence forcenée pour les sciences, ils sont cependant tenus d’acquérir des manières d’être inédites. Disqualifiant un élitisme fondé sur la distinction intellectuelle, la culture d’entreprise sollicite une disposition distante, une disposition rationnelle-stratégique et une disposition vénale qui font violence au «&nbsp;sérieux ludique&nbsp;» présidant jusque-là à l’exercice de leurs facultés. Ils s’initient alors, non sans peine, à des compétences pédagogique et mondaine qui rompent avec leur habitus de domination par l’excellence scolaire, et tentent littéralement de mettre à profit leurs compétences techniques. Si elle dépend de la durée d’exposition à la culture d’entreprise, l’attitude des Quants face à l’adversité s’avère fortement contrastée&nbsp;: leurs adaptations différenciées réfractent le capital culturel hétérogène des diverses fractions de la bourgeoisie française. Si la stylisation des dispositions professionnelles enrichit la sociologie d’un groupe professionnel, celui des agents financiers, elle permet également de capturer les récentes transformations de la culture des élites.</p> Marlène Bouvet ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 23 43 10.14428/emulations.025.02 Appartenance générationnelle et figures professionnelles https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5853 <p>L’avènement du nouveau cirque en France dans les années 1970 a inauguré son entrée dans le domaine de la culture subventionnée sur le modèle de la «&nbsp;création&nbsp;», en même temps que de profondes transformations en matière de socialisation des artistes. Les décennies suivantes ont vu se déployer les processus concomitants d’institutionnalisation, de professionnalisation et de légitimation de ce secteur culturel, ainsi que la scolarisation de l’apprentissage du métier. Cet article montre comment ces changements de contexte ont modifié le recrutement social des artistes de cirque et donné lieu à des figures différenciées en termes de dispositions et de rapport au métier. À partir d’entretiens menés auprès d’une trentaine d’artistes de cirque nés entre 1952 et 1981, l’approche générationnelle proposée ici permet de caractériser deux de ces figures. D’un côté, les artistes du nouveau cirque, polyvalents et soucieux de proposer un art du cirque pour tous, ont accédé au métier grâce à une socialisation affinitaire et informelle tardive, adossée au secteur de l’animation socioculturelle. De l’autre, les artistes de cirque contemporain, sportifs et plus diplômés que les premiers, ont appris leur métier en écoles professionnelles, conduisant à une spécialisation disciplinaire et à mener une carrière dans un paysage professionnel plus institutionnalisé. Issues de deux générations distinctes, ces figures sont associées aujourd’hui à des segments professionnels hiérarchisés.</p> Émilie Salaméro Marine Cordier ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 45 61 10.14428/emulations.025.03 Ce que les expériences extraprofessionnelles font à la pratique professionnelle https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5863 <p>À partir de l’analyse de la pratique littéraire d’Amélie Nothomb et de ses déterminants sociaux, notre article vise à montrer la portée heuristique d’une ouverture du champ d’observation de cette activité –&nbsp;que l’on peut qualifier de «&nbsp;professionnelle&nbsp;»&nbsp;– à des instances de socialisation extra-professionnelles. La trajectoire littéraire d’Amélie Nothomb, sa manière d’investir sa pratique d’écriture et de la publiciser ne peuvent se comprendre si l’on fait fi d’un certain nombre d’expériences extralittéraires vécues en amont de son entrée dans le champ littéraire et qui ont produit des effets sur son activité littéraire. Dans cette perspective, sa création littéraire ne peut se réduire aux seuls enjeux du champ littéraire dans la mesure où la romancière fait travailler dans son activité d’écriture un certain nombre de préoccupations et de questions qui la caractérisent en tant qu’individu socialement «&nbsp;fabriqué&nbsp;». Nous montrerons notamment comment l’étude des expériences extraprofessionnelles de l’écrivaine, tout à la fois socialement situées et relativement singulières, permet d’éclairer le contenu thématique et stylistique de sa production littéraire, en prenant l’exemple du rapport particulier au langage mis en scène dans ses récits.</p> Émilie Saunier ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 63 79 10.14428/emulations.025.04 Socialisation religieuse, engagement militant et carrières professionnelles https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5873 <p>Cet article examine les incidences de l’engagement militant sur la carrière professionnelle. Il repose sur une analyse dispositionnelle de l’engagement de deux individus ayant fréquenté des organisations catholiques qui, dans les années 1968, ont été traversées par un mouvement de politisation de l’engagement religieux. La manière dont ils sont amenés à endosser, après leur engagement, leur profession, remettant partiellement en cause certaines pratiques professionnelles, est largement redevable de leur socialisation religieuse et militante antérieure. Cependant, les contextes professionnels façonnent également, en retour, leurs dispositions et sollicitent un travail de mise en cohérence de leurs parcours biographiques.</p> Gilles Descloux ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 81 96 10.14428/emulations.025.05 « S’en remettre » à l’institution militaire https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5883 <p>Ces dernières années, le renouvellement des recherches en sciences sociales sur les armées a octroyé une place de choix à l'étude de la «&nbsp;fabrique des militaires&nbsp;». De fait, c'est sur l'institution militaire comme instance socialisatrice et sur les expériences des militaires au sein de l'institution que l'attention s'est principalement portée, laissant peu explorée la question des conditions de possibilité de l'engagement. Cet article entend déplacer le regard sur les ressorts de l'engagement, en mettant en lumière les spécificités de l'engagement des engagés volontaires. Ceux-ci constituent, au sein de l'institution militaire, la frange des personnels les moins gradés et aussi, très souvent, les moins dotés sur le plan social, scolaire ou culturel. L'article met l'accent sur leur disposition à «&nbsp;s'en remettre&nbsp;» à l'institution militaire, entendue comme une propension à accepter les règles de l’institution, dont la soumission à l’ordre hiérarchique, ainsi qu’à s’approprier ses catégories de perception, de jugement et d’action. En présentant les portraits sociologiques de quatre engagés, l'auteure dévoile comment les dispositions intériorisées dans les socialisations antérieures à l'engagement et les premiers pas dans l'institution modèlent les conceptions de l'engagement ainsi que les expériences militaires. De cette manière, elle met au jour la diversité des degrés et des modalités d'adhésion aux logiques institutionnelles. Enfin, contre la représentation d'une institution rigide, elle montre que l'institution militaire intègre ces différentes formes d’engagement, qui participent ensuite à la façonner.</p> Mélanie Guillaume ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 97 113 10.14428/emulations.025.06 « La socialisation secondaire ne s’exerce pas sur une page blanche mais sur une page déjà écrite et déjà froissée par les expériences antérieures » https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5893 Muriel Darmon David Pichonnaz Kevin Toffel ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 115 121 10.14428/emulations.025.07 Des dispositions. Richesse et finesse d’une notion décriée https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/5903 Romain Pudal ##submission.copyrightStatement## 2018-09-10 2018-09-10 25 123 137 10.14428/emulations.025.08