Stratégies et calculs au sein du groupe socialiste

La « fronde parlementaire » au prisme de Schelling

  • Damien Lecomte Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CESSP, France.
Mots-clés: études parlementaires, discipline partisane, groupe socialiste, conflit limité, calculs stratégiques

Résumé

Les études parlementaires peuvent analyser les comportements des élus au prisme d’approches interactionnistes : l’œuvre de Schelling peut être utilement mobilisée pour éclairer les échanges de coups politiques et les coordinations des acteurs dans l’arène parlementaire. La « fronde » au sein du groupe socialiste au cours de la XIVe législature (2012-2017) de l’Assemblée nationale française se prête particulièrement à ce type d’approche. Dans une conjoncture de crise relative, de fragilisation des repères de la discipline partisane et d’incertitude sur les actions de leurs pairs, les députés cherchent à calculer les coûts politiques de leurs potentiels votes transgressifs, grâce aux prises de position de personnalités particulièrement visibles qui contribuent à faire converger les anticipations. Le conflit entre le gouvernement et une fraction « frondeuse » de sa majorité relève des logiques de « conflits limités » entre acteurs interdépendants qui peuvent se nuire mutuellement.

Biographie de l'auteur

Damien Lecomte, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CESSP, France.

Doctorant en science politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre du CESSP. Sa thèse porte sur le fait majoritaire et la discipline partisane à l’Assemblée nationale sous la Ve République française. Ses travaux se penchent sur l’organisation des groupes politiques à l’Assemblée nationale, l’indiscipline de vote et les relations de la majorité parlementaire avec le pouvoir exécutif. Sur la « fronde parlementaire », il a publié, avec Hugo Bouvard, Déborah Pérez et Julien Boelaert, « Le respect de la boutique » dans Politix (2017, n° 117).

Publiée
2019-11-15
Comment citer
Lecomte, D. (2019) « Stratégies et calculs au sein du groupe socialiste », Emulations - Revue de sciences sociales, (31), p. 19-31. doi: 10.14428/emulations.031.02.