« Deeper conversations »

Blanchité et rapports de pouvoir dans l’enquête ethnographique

  • Gaspard Rey Institut des sciences sociales, Université de Lausanne, Suisse
  • Julien Debonneville Institut des études genre, Université de Genève, Suisse.
Mots-clés: ethnographie, rapport de pouvoir, éthique, blanchité, réfléxivité, géopolitique des savoirs

Résumé

Cet article interroge la façon dont les rapports de pouvoir structurent la pratique de l’enquête ethnographique. En partant d’une recherche ethnographique menée par un chercheur blanc aux Philippines, cet article décrit comment les rapports de domination sont continuellement réitérés lors des interactions sociales de l’enquête, structurant ainsi la récolte des matériaux. À partir de ces analyses, l’article présente une réflexion épistémologique et politique autour des appels à développer des positionnements réflexifs dans la recherche. Ce faisant, il mobilise des approches qui soulignent que si la réflexivité par les sujets blancs sur leurs postures dans la production de la connaissance leur permet de visibiliser et prendre conscience de leur position dominante dans les rapports de pouvoir, ces pratiques réflexives apportent une réponse limitée face au caractère englobant des structures de pouvoir. Dès lors, cet article propose d’inscrire les enjeux éthiques de la recherche dans une géopolitique critique des savoirs.

Biographie des auteurs

Gaspard Rey, Institut des sciences sociales, Université de Lausanne, Suisse

Assistant-doctorant au sein du Centre en études genre de l’Université de Lausanne. Il fait actuellement une thèse sous la direction de Sébastien Chauvin (UNIL) et Shona Hunter (LeedsBeckett University), financée par le Fonds national suisse de la recherche (SNF). Elle porte sur les rapports de pouvoir à travers les modes de circulation des pensées et théories de la blanchité et de l’antiracisme, avec une focale sur la Suisse. Formé en sciences politiques, avec une orientation en théorie politique, il a également été assistant suppléant à l’Université de Genève, au département de sciences politiques. Il est également membre du réseau international White Spaces, ainsi que du groupe interdisciplinaire PostCit (Penser la différence raciale et postcoloniale), rattaché à l’Institut d’études de la citoyenneté (INCITE) de Genève.

Julien Debonneville, Institut des études genre, Université de Genève, Suisse.

Docteur en sciences sociales (mention études genre) de l’Université de Genève. Il a réalisé une thèse de doctorat sur les processus d’altérisation dans les migrations des travailleuses domestiques philippines à partir d’une ethnographie des pratiques de recrutement, de formation et de déploiement au sein du dispositif migratoire dans la ville de Manille. Pendant sa thèse, il a été assistant-doctorant à l’Institut des études genre de l’Université de Genève, mais également chercheur invité à l’Université des Philippines – Diliman, ainsi qu’à l’Université de Berkeley. Après un séjour postdoctoral au Max Planck Institute for the Study of Religious and Ethnic Diversity de Göttingen, il poursuit ses enseignements en tant que maître-assistant à l’Institut des études genre de l’Université de Genève où il mène en parallèle diverses recherches sur la mondialisation du travail domestique, la construction sociale des corps dans la danse contemporaine, ou encore les usages sociaux de l’espace public.

Publiée
2022-06-05
Comment citer
Rey, G. et Debonneville, J. (2022) « « Deeper conversations »  », Emulations - Revue de sciences sociales, (42), p. 67-82. doi: 10.14428/emulations.42.03.