Ce que perdre un·e enfant fait à la famille

Le deuil comme marge et frontière de la parentalité

  • Lucie Jégat Université Paul Valéry Montpellier 3, Centre Max Weber, Lyon
Mots-clés: deuil, famille, parentalité, marginalité

Résumé

Cet article se propose d’étudier, dans le contexte français, ce que la perte d’un enfant fait à la famille et à ceux qui la constituent, et ce à travers le deuil particulier d’un·e enfant adolescent·e. En s’appuyant sur des entretiens réalisés avec des parents ainsi qu’avec des frères et soeurs ayant perdu un·e enfant (ou un membre de la fratrie) âgé·e de 12 à 25 ans, cet article tend à montrer que le deuil produit une marginalité particulière, résultant de la confrontation entre deux statuts contradictoires. En mobilisant les notions de « frontières » et de « marge » dans une perspective contemporaine et sociologique, il s’agit de montrer que, si les parents endeuillé·e·s se retrouvent dans une situation marginale et cherchent à réaffirmer un rôle parental remis en cause par le deuil, cette position ne peut être comprise qu’en relation avec celle de l’enfant décédé·e et de la place qui lui est désormais accordée dans la famille. Les modalités de la reconfiguration familiale et de la redéfinition de ses frontières sont ainsi analysées.

Biographie de l'auteur

Lucie Jégat, Université Paul Valéry Montpellier 3, Centre Max Weber, Lyon

Professeure agrégée de sciences économiques et sociales à l'université Paul Valéry (Montpellier 3) et doctorante en sociologie au Centre Max Weber (Lyon). Sa thèse intitulée Perdre un enfant. Une sociologie du deuil à travers les trajectoires individuelles et familiales est dirigée par Gaëlle Clavandier (CMW, Université Jean Monnet, Saint-Étienne) et porte sur les trajectoires de familles ayant connu le décès d’un·e enfant au moment de son adolescence.

Publiée
2020-04-18
Comment citer
Jégat, L. (2020) « Ce que perdre un·e enfant fait à la famille », Emulations - Revue de sciences sociales, (32), p. 47-61. doi: 10.14428/emulations.032.05.