Ambivalence du tourisme vidéoludique

Quelles dynamiques pour les voyages au cœur des sociétés virtuelles ?

  • Guillaume Baychelier Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • José-Luis De Miras Université Bordeaux Montaigne (CLARE/ARTES)
Mots-clés: jeu vidéo, tourisme, dark tourism, sociétés virtuelles, horreur

Résumé

Voyager au cœur des sociétés virtuelles relève d’une activité touristique ambivalente conditionnée par les sous-genres vidéoludiques. Si le level-design des GTA-like (pour Grand Theft Auto) transforme la ville en monde ouvert où le joueur peut vivre par procuration et interagir avec ses habitants, celui de la série horrifique Silent Hill oblige à s’orienter dans des zones-mortes dénuées de tissu social. Avec cette ambivalence, le tourisme des GTA-like se transforme dans Silent Hill en dark tourism et modifie dès lors les usages qu’il est possible d’adopter dans ces mondes virtuels. Ces expériences vidéoludiques singulières liées aux pratiques touristiques mettent en lumière l’importance de la relation que joueurs et joueuses tissent au fil des parties avec l’espace de jeu. De manière plus globale, elles permettent de délimiter les contours des pratiques spatiales vidéoludiques articulées autour des notions d’immersion et/ou de parcours.

Biographie des auteurs

Guillaume Baychelier, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Docteur en Art et Sciences de l’art, agrégé d’arts plastiques et artiste vidéaste. Son travail de recherche s’attache à analyser divers champs artistiques en termes culturels, structurels et plastiques à travers une démarche iconologique. Sa thèse à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne est consacrée aux « dispositifs de contrainte : iconologie interartiale et vidéoludique des corps monstrueux ». Il a publié récemment plusieurs articles liés à ce champ de recherches : « Méduse à l’épreuve des affects : iconologie interartiale des figures monstrueuses radicales » (Presses Universitaires de Rennes) ou encore « Le corps-machine comme machine à image : enjeux de l’iconographie cyberpunk de la série vidéoludique Deus Ex » (Presses de l’Université de Montréal).

José-Luis De Miras, Université Bordeaux Montaigne (CLARE/ARTES)

Doctorant contractuel et chargé de cours en études cinématographiques et audiovisuelles à l’Université Bordeaux Montaigne. Sa thèse porte sur le cinéma interactif, les films à choix multiples et la relation cinéma/jeu vidéo. Il organise depuis 2018 un cycle de conférences annuel, Montaigne in Game, qui rassemble autour du jeu vidéo toutes les disciplines des Sciences Humaines et Sociales. Après plusieurs communications scientifiques centrées sur l’industrie du doublage vidéoludique, le cinéma postmoderne et les films interactifs, il s’est attelé à la direction d’un numéro de la revue Essais dédié à la représentation de la Grande Guerre dans les jeux vidéo et intitulé Jouer l’histoire (à paraître).

Publiée
2019-09-03
Comment citer
Baychelier, G. et De Miras, J.-L. (2019) « Ambivalence du tourisme vidéoludique », Emulations - Revue de sciences sociales, (30), p. 49-63. Disponible sur: https://ojs.uclouvain.be/index.php/emulations/article/view/baychelier (Consulté le: 22novembre2019).