Quelques apports de Thomas Schelling à la compréhension des processus sociaux

  • Hervé Rayner Université de Lausanne, IEP, Suisse.
Mots-clés: Thomas Schelling, coordination tacite, charisme, causalité ascendante et descendante, jeux spéculaires

Résumé

Souvent apparenté à la théorie de l’acteur rationnel, à la théorie des jeux et au contexte de la guerre froide, Thomas Schelling n’en a pas moins produit une œuvre iconoclaste et occupé une position originale dans le champ scientifique états-unien, ne serait-ce que par son penchant affirmé pour l’interdisciplinarité. Soucieux de scruter les « impératifs de l’action », ses travaux permettent d’ouvrir des pistes de recherche stimulantes pour peu qu’on les croise avec ceux d’autres auteurs et types de démarche. Son concept de point focal peut par exemple renouveler l’approche du charisme. Enfin, sa théorie de la décision interdépendante et son insistance sur l’importance de la coordination tacite mettent en cause les conceptions exclusives (ascendante ou descendante) de la causalité, nous incitant à penser en termes de causalité spirale et de jeux spéculaires, ces jeux de miroirs dans lesquels sont pris les acteurs et où s’originent les processus d’auto-amplification.

Biographie de l'auteur

Hervé Rayner, Université de Lausanne, IEP, Suisse.

Maître d’enseignement et de recherche en science politique à l’Université de Lausanne (IEP) et membre du Centre de recherche sur l’action politique (CRAPUL). Ses recherches portent principalement sur les scandales, en s’intéressant aux variations de la jouabilité de la dénonciation, et sur les jeux politiques suisse et italien. Parmi ses ouvrages : Les scandales politiques, l’opération « Mains propres » en Italie (Michel Houdiard Éditeur, 2005), Dynamique du scandale (Le Cavalier Bleu, 2007), avec Olivier Fillieule et Vanessa Monney, Le métier et la vocation de syndicaliste, l’enquête suisse (Antipodes, 2019).

Publiée
2019-11-15
Comment citer
Rayner, H. (2019) « Quelques apports de Thomas Schelling à la compréhension des processus sociaux », Emulations - Revue de sciences sociales, (31), p. 105-115. doi: 10.14428/emulations.031.08.