Ne pas revenir pour mieux soutenir ?

Perceptions de la migration comme stratégie d’adaptation face aux changement environnementaux dans trois régions du Sénégal

  • Samuel Lietaer Université libre de Bruxelles, CEDD, Belgique
  • Loïc Brüning Université de Neuchâtel, Institut de géographie, Suisse.
  • Coumba Ndoffene Faye Université Cheikh Anta Diop de Dakar, LABOGEHU, Sénégal
Mots-clés: Sénégal, changements environnementaux, migration, adaptation, perceptions, transferts de fonds

Résumé

Cet article explore les perceptions sur les mobilités en lien avec les stratégies d’adaptation des ménages et des communautés d’origine dans trois régions du Sénégal affectées par des changements environnementaux : le Gandiolais, le bassin arachidier et le Fouta-Toro. Nous présentons d’abord les impacts des changements environnementaux majeurs qui les affectent, pour ensuite comparer thématiquement les perceptions des migrants internes et des non-migrants villageois concernant les transferts de fonds monétaires des migrants. Finalement, nous démontrons qu’il y a de fortes attentes de la part des ménages d’origine envers leurs migrants en termes de contribution aux capacités adaptatives. L’importance accordée à la mobilité par les migrants et les non-migrants, comme moyen d’adaptation souvent inconscient, explique en partie la réticence observée pour la migration de retour et une certaine prévalence de la migration à long terme comme stratégie d’adaptation majeure.

Biographie des auteurs

Samuel Lietaer, Université libre de Bruxelles, CEDD, Belgique

Titulaire de trois masters obtenus à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) : sciences politiques, droit public, et droit international et européen. Depuis 2015, il est chercheur en sciences sociales de l’environnement au Centre d’études du développement durable à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Il y travaille avec d’autres partenaires sur le projet de recherche MIGRADAPT (Belspo-BRAIN) auquel il couple une thèse doctorale depuis 2017. Cette recherche translocale vise à comprendre la contribution de la migration internationale en Belgique dans les stratégies d’adaptation aux changements environnementaux au Sénégal, au Maroc et en République
démocratique du Congo (RDC).

Loïc Brüning, Université de Neuchâtel, Institut de géographie, Suisse.

Assistant doctorant à l’Institut de géographie de l’Université de Neuchâtel. Il a toujours manifesté un fort intérêt pour l’Afrique de l’Ouest, qui s’est confirmé après différents voyages dans la région. Actuellement, il travaille sur la relation entre les changements environnementaux et la migration. Plus précisément, sa thèse, encadrée par le professeur Étienne Piguet, interroge les impacts des migrations sur les capacités d’adaptation dans un contexte d’érosion côtière au nord du Sénégal dans la région de Saint-Louis. Il est également impliqué dans le projet Climig Database qui est une base de données en ligne qui recense les références scientifiques sur les migrations environnementales et climatiques.

Coumba Ndoffene Faye, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, LABOGEHU, Sénégal

Titulaire d’un master en géographie en aménagement et gestion urbaine en Afrique à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il a commencé sa carrière professionnelle comme stagiaire à l’ADL (agence de développement local) à la direction de l’observatoire et du système d’information. En 2016, il a rejoint l’ONG MyAGRO Sénégal pour les enquêtes de suivi et d’évaluation des rendements des producteurs, puis l’ONG espagnole MADAFRICA sur les migrations et changements climatiques des campagnes vers la ville (Dakar) et à l’étranger (Séville). Il est chercheur depuis 2016 sur les dynamiques migratoires dans le bassin arachidier sénégalais à l’UCAD au laboratoire de géographie humaine. Il travaille toujours à MyAGRO comme coordonnateur de terrain dans l’appui aux producteurs pour l’accès aux intrants de qualité, formations et meilleurs rendements pour mieux survivre.

Publiée
2020-09-29
Comment citer
Lietaer, S., Brüning, L. et Ndoffene Faye, C. (2020) « Ne pas revenir pour mieux soutenir ?  », Emulations - Revue de sciences sociales, (34), p. 97-113. doi: 10.14428/emulations.034.05.