Quand l’administration fait le couple par le corps

Les effets du mariage civil en Suisse

  • Anne Lavanchy HES-SO – Haute école spécialisée de Suisse occidentale, Genève, Suisse
Mots-clés: mariage, parenté, naturalisation, anthropologie des institutions, nation

Résumé

Que révèle du lien conjugal l’analyse de la gestion administrative du mariage et de ses effets légaux ? En analysant le travail des officiers d’état civil en Suisse, cet article présente trois constats. Il montre d’abord que dans le cadre du dépistage des unions dites de convenance, les couples « mixtes » font l’objet d’un contrôle accru : l’accès que permet le mariage à la naturalisation facilitée met en évidence les effets attendus, mais invisiblisés au quotidien, du lien conjugal. Dans le sillage des nouvelles études de la parenté, il permet dans un second temps de comprendre les substances qui circulent entre les conjoint·e·s – l’amour et les substances sexuelles. Enfin, faire couple ne relève pas simplement de l’ordre de la loi, mais aussi de celui de la nature : le lien conjugal révèle la nature malléable des femmes. Le corps à corps avec des époux étrangers peut changer leur appartenance nationale, qui se voit attribuer une volatilité problématique.

Biographie de l'auteur

Anne Lavanchy, HES-SO – Haute école spécialisée de Suisse occidentale, Genève, Suisse

Anthropologue et professeure à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), elle s’intéresse aux processus d’altérisation et aux rapports de pouvoir dans les sociétés européennes et latino-américaines. C’est dans ce contexte qu’elle analyse la parenté normative produite par les institutions étatiques. Ses recherches s’inscrivent dans les perspectives féministes, décoloniales et postcoloniales.

Publiée
2020-04-18
Comment citer
Lavanchy, A. (2020) « Quand l’administration fait le couple par le corps », Emulations - Revue de sciences sociales, (32), p. 63-73. doi: 10.14428/emulations.032.06.