Des trajectoires familiales liées aux conditions du retour

Le cas des migrant·e·s rentré·e·s dans les DOM

  • Marine Haddad Chercheure, INED, France
Mots-clés: migration de retour, outre-mer, famille, analyse de séquences

Résumé

Cet article étudie les liens entre les trajectoires familiales des migrant·e·s de retour dans les départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, la Réunion) et les conditions de leur retour. À partir de l’enquête Migrations, Famille et Vieillissement et d’analyses de séquences, il dresse une typologie des trajectoires de cohabitation, de mise en couple et de parentalité de ces populations. Cinq types de trajectoires sont mis en valeur : l’entrée rapide dans la parentalité déclinée selon trois configurations conjugales, le départ tardif du domicile parental et la décohabitation rapide non suivie de mise en couple ou naissance d’enfants. Des régressions analysent ensuite l’effet des retours sur les trajectoires. Pour les femmes, le retour retarde la naissance d’enfants ou l’union et favorise les ruptures, surtout en cas de contraintes ou difficultés. Pour les hommes, le retour accélère au contraire ces étapes. Ces analyses soulignent ainsi l’organisation genrée des calendriers migratoires et familiaux, dans un rapport différencié à la contrainte.

Biographie de l'auteur

Marine Haddad, Chercheure, INED, France

Ses travaux portent sur les liens entre migration et parcours de vie, les inégalités ethnoraciales et les politiques de population dans un contexte postcolonial, avec une focalisation sur les outre-mer. En 2018, elle a soutenu sa thèse de doctorat à Sciences Po : Migration DOM-métropole des années 1960 à nos jours. Itinéraires d’une minorité française. Depuis, elle participe à plusieurs projets, dont MIGRINDOM (Des Migrants de l’intérieur. Gestion étatique et trajectoires collectives de migrants en provenance des Départements d’outre-mer), financé par l’ANR.

Publiée
2020-09-29
Comment citer
Haddad, M. (2020) « Des trajectoires familiales liées aux conditions du retour », Emulations - Revue de sciences sociales, (34), p. 25-50. doi: 10.14428/emulations.034.02.