Faire du terrain dans l’univers noctambule de Beyrouth

La distance comme négociation et comme assignation

  • Marie Bonte Université Paris 8, LADYSS (UMR 7533), France.
Mots-clés: nuit, terrain, distance, méthode, biais, émotion

Résumé

À partir d’un retour sur mes recherches doctorales menées à Beyrouth (Liban), j’interroge les spécificités et les difficultés du terrain nocturne, qui s’articulent aux biais qu’engendrent le genre, la race, la classe, l’âge et la nationalité. Via la notion de distance, j’analyse la mise en place simultanée des méthodes d’observation du monde de la nuit et de la délimitation du terrain : ces deux processus nécessitent de composer avec la place que les acteurs nous assignent. Dans cet article, la distance est entendue d’abord comme un curseur que l’on ajuste en fonction des situations d’enquête. De ces ajustements découlent divers dispositifs d’observation. La distance est ensuite une nécessité épistémologique – celle de la prise de distance – permettant d’identifier les biais que le contexte nocturne tend à renforcer ou atténuer. Enfin, la notion renvoie à un processus, celui de la mise à distance, opéré par les acteurs et influencé par les perceptions du chercheur.

Biographie de l'auteur

Marie Bonte, Université Paris 8, LADYSS (UMR 7533), France.

Maîtresse de conférences en géographie à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, et enseigne au département sciences sociales en Méditerranée. Sa thèse de doctorat porte sur les loisirs nocturnes dans la ville post-conflit, à Beyrouth. Ses recherches explorent les dimensions sociales et politiques des nuits urbaines, la consommation d’alcool, les pratiques transgressives et la mémoire des conflits.

Publiée
2020-06-15
Comment citer
Bonte, M. (2020) « Faire du terrain dans l’univers noctambule de Beyrouth », Emulations - Revue de sciences sociales, (33), p. 111-128. doi: 10.14428/emulations.033.07.