Vers une professionnalisation de la communication numérique en politique ?

Analyse longitudinale de l’évolution des trajectoires des professionnels de la communication politique numérique de 2007 à 2017 en France

  • Anaïs Theviot Maitresse de conférence rattachée à ARENES (UMR 6051) et à l’Université Catholique de l’Ouest, Anaïs Theviot s’intéresse au militantisme partisan en ligne. Ses travaux analyse l’usage du web par les adhérents, ainsi que les stratégies numériques des partis politiques en période de campagne électorale. Ses recherches ont donné lieu à une vingtaine de publications dans des revues à comité de lecture et à la coordination de deux dossiers (Sciences de la société et Politiques de communication), consacrés aux modalités de participation et d’engagement sur Internet. Elle est l’auteure de « Faire campagne sur Internet », paru aux Presses de Septentrion en 2018. Son enquête actuelle porte sur l’usage des data par les partis politiques en France et aux États-Unis. Elle participe au projet de recherche collaborative PARCIT et coordonne le projet « réenchanter la démocratie par le numérique ? ». Courant 2019, paraîtra aux éditions du Bord de l’eau, un ouvrage la montée en puissance des données en politique en France : « Big data électoral. Dis-moi qui tu es, je te dirai pour qui voter ? ». atheviot@uco.fr
Mots-clés: campagne électorale, big data, numérique, professionnalisation, parti politique, election campaign, digital technology, professionalization, political party

Résumé

Les big data sont à la mode. Dans les médias, le terme est brandi comme étendard de l’innovation. Cet enthousiasme s’accompagne de la mise en avant de nouvelles expertises qui vendent leur savoir-faire auprès des institutions : les travailleurs de la donnée affirment pouvoir « prédire » les comportements des électeurs grâce aux big data et ainsi agir « scientifiquement » sur les résultats d’une élection. Cet article vise à étudier les modalités de constitution de ce groupe professionnel en proposant une analyse longitudinale de l’intégration du numérique en campagne électorale. L’idée est d’analyser les trajectoires de ceux qui vivent de la web politique en contexte français, depuis la campagne pour l’élection présidentielle française de 2007 jusqu’à celle de 2017, et ce, afin de repérer les continuités, les ruptures et les reconfigurations de ce nouvel espace professionnel, rythmé par les échéances électorales.

 

In the media as in a public sphere, the frenzy over big data has been met with equally high levels of enthusiasm. This enthusiasm comes along with the emphasis of new expertise: the workers of the data assert they can “predict” the behavior of the voters thanks to big data and so to act “scientifically” on the results of an election. This article aims at studying the modalities of constitution of a professional group by proposing a socio-historic analysis. The idea is to analyze the trajectories of digital campaigners since the campaign for the French presidential election of 2007 to underline the continuities, the breaks and the reconfigurations of this new professional space.

Publiée
2019-02-01