Esthétique de la coupure dans W ou le souvenir d'enfance de Georges Perec 

  • Élise Wiener École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, centre de Recherches sur les Arts et le Langage (CRAL)
Mots-clés: Auto-biographie, rupture, enfance, mémoire incertaine, note de l'auteur

Résumé

L'article se propose de mettre en lumière la manière dont l'écriture autobiographique de Georges Perec dans W ou le souvenir d'enfance se déploie depuis la mise en abîme, dans la narration, de ce qui entrave la remémoration. Nous proposons ainsi d'éclairer comment ce désordre, provoqué par les incessantes coupures du texte, s'il submerge le lecteur, constitue également une véritable forme à travers laquelle l'auteur peut faire se refléter ses souvenirs d'enfance. L'écriture ne restitue pas plus le passé qu'elle ne fait revenir les disparus. Cependant, paradoxalement, les incessantes hachures du récit font advenir un temps qui cristallise les différentes couches de sédimentation de la mémoire, un temps qui fait coexister tous les âges de l'existence.

Biographie de l'auteur

Élise Wiener, École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, centre de Recherches sur les Arts et le Langage (CRAL)

Élise Wiener mène une thèse à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) sur l'écriture de Patrick Modiano et la manière dont celle-ci se constitue comme une écriture du silence. Faisant advenir l'absence au creux des mots, son écriture évoque les reflet produits par des « débris de miroir » qui, plutôt que de renvoyer une image fidèle du monde, retiennent la lumière et la projettent sur des figures du passé pour réfléchir leur évanescence. Les recherches d'Élise Wiener visent à mettre à jour comment, à la manière dont la photographie enregistre un regard comme bloc de mystère qui subsiste après le passage d’un être, Patrick Modiano tente d’accéder à « ce que c’était que d’être ».

Publiée
2019-09-30