De l’écriture pour l’opéra.

La voix Bauchau

  • Mireille CALLE-GRUBER Université Sorbonne nouvelle- Paris III
Mots-clés: opéra, voix, Œdipe sur la route, archive

Résumé

Les textes de Bauchau portent en eux des voix multiples qui font penser à l’oratorio, on l’entend aller vers l’opéra. Cet article analyse les écritures du livret dans lesquelles il apparaît qu’Henry Bauchau cherche à faire lever des voix une tonalité musicale dans les déchirures des phrases plutôt que de monter un récit. Cette priorité de la voix sur la narration, caractéristique de l’opéra contemporain, est ensuite analysée plus en détail dans La lumière Antigone qui, à la différence des autres opéras, n’est pas une simple adaptation du roman, mais en constitue comme une suite, un prolongement. La voix « lumineuse » d’Antigone alliée à la musique se fait ainsi réécriture du mythe qu’elle archive : celle de la scène, toujours renouvelée, de la résistance dans le désastre mondialisé. L’article porte en annexe deux lettres de Pierre Bartholomée à M. Calle-Gruber.

Biographie de l'auteur

Mireille CALLE-GRUBER, Université Sorbonne nouvelle- Paris III

Mireille Calle-Gruber est Professeur émérite à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Elle a été la Directrice du Centre de Recherches en Études Féminines & Genres / Littératures francophones (CREF&G/LF). Théoricienne du roman, de l'esthétique et des croisées pluridisciplinaires, elle a publié des ouvrages consacrés à des auteurs contemporains : Michel Butor, Hélène Cixous, Assia Djebar, Marguerite Duras, Claude Ollier, Pascal Quignard, Claude Simon. Elle s’intéresse aux liens entre littérature et cinéma, et à la question des différences sexuelles dans le rapport à la création artistique et littéraire. Elle a dirigé l'édition des Œuvres complètes en 12 volumes de Michel Butor et publié une importante biographie de Claude Simon. Elle est aussi écrivain et membre de la Société Royale du Canada depuis 1997.

Publié le
2015-11-25
Rubrique
Dossier thématique