Focus 14 - novembre 2014

La "taxe rose" : un genre de prix ou des prix de genre ?

  • Paul Belleflamme
Mots-clés: Consommation, prix et pouvoir d'achat

Résumé

Cela fait quelques jours que l'on parle en France d'une "taxe rose". Selon l'enquête d'un collectif, les femmes paieraient plus cher que les hommes pour une série de produits; le plus souvent, ces produits sont largement identiques si ce n'est qu'ils diffèrent par la couleur de leur emballage, le rose identifiant les produits destinés aux femmes. Le collectif cible particulièrement l'enseigne Monoprix, en pointant notamment des rasoirs jetables dont le prix à l'unité est de 0,36 € pour les femmes (1,80 € le sachet de 5) et de 0,17 € pour les hommes (1,72 € le sachet de 10). Une pétition rassemblant déjà quelque 20.000 signatures a amené Monoprix à répondre à ces accusations de «marketing sexiste» (appelé aussi «genré») : «Les références [de rasoirs jetables] pour les hommes présentent des volumes de vente largement supérieurs aux modèles pour femmes, permettant ainsi un prix d'achat inférieur. De plus, la composition du modèle femme induit un surcoût de fabrication.» De son côté, le gouvernement français (via son ministre de l'économie et sa secrétaire d'Etat aux droits des femmes) a annoncé avoir lancé une enquête sur le sujet.

Biographie de l'auteur

Paul Belleflamme

Paul Belleflamme est professeur d’économie à la Louvain School of Management de l’UCL et chercheur au CORE (UCL).

Plus d'information :
http://www.core.ucl.ac.be/~belleflamme/Site/Home.html

Publiée
2018-10-12
Numéro
Rubrique
Articles