Les soleils et leurs observateurs au XVIIe siècle
DOI :
https://doi.org/10.14428/qs.v189i4.69393Mots-clés :
Cosmologie des Temps Modernes, Héliocentrisme, Géocentrisme, Univers infini, Kepler, Johannes, Gassendi, Pierre, Descartes, René, Newton, IsaacRésumé
Dans mon article, je tente de présenter le processus d’identification du Soleil avec les étoiles et ses conséquences pour la cosmologie et l’anthropologie du XVIIe siècle. Dans la première partie, j’imagine comment l’idée selon laquelle les étoiles lointaines représentent des objets semblables à notre Soleil s’est répandue parmi les partisans du géocentrisme et de l’héliocentrisme. Les représentants de la cosmologie de l’époque ont longtemps douté quant à la manière dont ils devaient comprendre la nature du soleil et, surtout, sa fonction dans le système solaire. Ce problème a été définitivement résolu par le concept de force gravitationnelle de Newton. Un problème majeur de la cosmologie du XVIIe siècle était l’estimation de la distance entre le soleil et les étoiles. En cent ans, la distance des étoiles a été multipliée par un million. Dans la deuxième partie de l’article, j’essaie de décrire les conséquences anthropologiques de ces changements. Avant tout, je décris comment l’idée ancienne de contemplator coeli a été abandonnée et remplacée par un point de vue scientifique d’apparence moderne qui explore sans crainte l’univers infini. Celui-ci trouve son soutien non pas dans l’anthropocentrisme naïf, mais dans la fierté de la réussite du progrès scientifique.
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In the present article, I endeavour to introduce the process of identifying the Sun and the stars, as well as its consequences for 17th century cosmology and anthropology. In the first part of the paper, I explore how the idea that distant stars constitute objects akin to our Sun was disseminated among the proponents of geocentrism and heliocentrism. The advocates of contemporary cosmology had long been unsure of how they should go about understanding the nature of the Sun and, above all, its function within the solar system. This problem was definitively resolved by Newton’s theory of gravity. A major issue of 17th century cosmology was estimating the distance between the sun and the stars. Over a period of one hundred years, the distance of the stars was multiplied by one million. In the second part of the article, I aim to illustrate the anthropological consequences of these changes. In particular, I describe how the ancient notion of the contemplator caeli was abandoned and replaced by a more modern scientific point of view that fearlessly explores the infinite universe. One that is spurred on, not by naive anthropocentrism, but by taking pride in the successes of scientific progress.
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